6. La formation est-elle nécessaire dans le cas d'un changement de secteur professionnel ?
Tout dépend de la nécessité (ou non) du diplôme pour exercer. Et de la technicité de votre futur métier. Au-delà de ces prérequis qui rendent un diplôme « métier » indispensable pour créer dans un nouveau secteur, les avis sont partagés. Pour Pascal Bahuaud, la personnalité du créateur et la qualité du projet demeurent plus importantes qu'un diplôme. « Changer de secteur n’est pas un frein, si on sent que le cadre a vraiment approfondi son étude de marché et réfléchi à toutes les hypothèses. S’il lui manque l'expérience du domaine, il pourra toujours embaucher un spécialiste. La qualité première d'un dirigeant est de savoir s'entourer ! »
L'expérience d'abord. D'autres observateurs se montrent plus réservés : « Entreprendre dans un secteur dont on ne maîtrise pas les contraintes et les codes du métier est plus risqué. Par exemple, de nombreux cadres ont envie de changer de vie et d'ouvrir un hôtel. Or, l'hôtellerie est un milieu bien particulier : il faut connaître les systèmes de centrales de réservations, le taux de remplissage d'un hôtel, c'est plus complexe qu'il n'y paraît ! Mieux vaut s'autoformer en faisant un stage par exemple pour s'imprégner des contraintes d'un domaine d'activité », estime Laurence Piganeau. Robert Papin va encore plus loin : pour lui, nouveau diplôme ou non, la reconversion dans un autre domaine est un haut facteur de risque. « Votre expérience est extrêmement importante, surtout si vous montez un projet de TPE où vous seul devrez diriger votre entreprise. Sans maîtriser le secteur, vous risquez de commettre des erreurs d'appréciation sur les facteurs de réussite propres à votre marché. Et au démarrage, mal connaître les clients et les fournisseurs ou le management spécifique à ce secteur peut constituer un handicap », prévient-il. Prudence et jalons s'imposent donc, avant d'envisager de changer radicalement de voie.
Aller plus loin
Les principaux réseaux d'accompagnement à la création
Les chambres de commerce et d'industrie, tout comme le réseau des Boutiques de gestion proposent des stages courts d'initiation aux démarches de création et des modules de formation (gestion d'entreprise, méthodes commerciales) aux porteurs de projets. En amont, il est également possible d'être suivi à titre individuel par un conseiller en création.
« Au démarrage, mon parrain m’a aidée à développer mon réseau »
Grâce à l’aide d’un conseil, Anne-Laure Mattera, 32 ans, P-DG de l’agence de communication Lepsid, spécialisée dans la communication écrite et le livre d’entreprise, a gagné en efficacité commerciale.
« Ne pas attendre pour se former »
Alban Schmutz, 26 ans, dirige la société Oxalya France, une entreprise de services informatiques spécialisée dans les infrastructures pour le calcul haute performance (HPC) et le support autour des logiciels libres. Pour lui, une formation permet avant tout de gagner du temps.
« J’avais besoin d’acquérir une vision pragmatique de la création »
Pendant huit mois, Joël Vacus, 42 ans, P-DG de Drugabilis, une entreprise spécialisée dans la recherche et développement pharmaceutique à Châtenay-Malabry (92), s’est fait accompagné par un conseiller de la chambre de commerce.