Des causes multiples
Jeune diplômé, manager confirmé, homme, femme, dans un grand groupe ou une PME, les crises de carrière parsèment la vie du cadre contemporain. « Aujourd’hui, elles ne sont plus forcément synonymes de catastrophes, explique Domitille Tézé, fondatrice de Transition Plus, cabinet spécialisé dans la gestion de crise de carrière. (Lire aussi « Une journée dans la vie d’un gestionnaire de crise de carrière », page 14.) L’évolution rapide des organisations, la vitesse d’adaptation et la flexibilité réclamées aux cadres peuvent conduire ces derniers à connaître des moments de rupture dans leur parcours professionnel. Les raisons de ces accrocs peuvent être d’ordre interne (démotivation, sentiment de stagnation, déficit de reconnaissance) ou bien externe (plan social, restructuration…). » Mais, malgré le choc émotionnel et affectif inévitable qui les caractérisent (surtout lorsqu’il s’agit du premier), les spécialistes en gestion de carrière sont quasi unanimes quand ils sont invités à prodiguer leurs conseils : il faut po-si-ti-ver. Autrement dit, faire d’une contrainte une opportunité, en n’hésitant pas au besoin à s’adresser à des coachs spécialisés dans la gestion ou la crise de carrière proprement dite ou encore à solliciter un bilan de compétences auprès de sa DRH pour se repositionner professionnellement (lire l’encadré « L’angoisse de milieu de vie »).
En cas d’incompatibilité avérée avec son organisation, on peut, comme Jean-François, directeur des ressources humaines dans l’industrie du luxe, envisager une séparation. C’est ce qu’il a fait lorsque, du jour au lendemain, son directeur général lui a signifié qu’il lui retirait le périmètre Europe dans sa sphère de compétences. « Il n’en était pas question. Je voyais venir la voie de garage. J’ai rapidement demandé une transaction qui m’a été accordée. »