Soigner sa sortie
Selon les spécialistes du sujet, en se focalisant bien souvent sur la dimension matérielle (certes essentielle) et en laissant exprimer – parfois violemment – leur ressentiment en public, les cadres en rupture professionnelle multiplient les erreurs de communication. « Lors d’une crise de carrière, même si, à première vue, cela semble terriblement difficile, il est nécessaire de positiver sa communication tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise, pointe Domitille Tézé. Pour parler à la fois de soi-même et de son employeur. Une parole soigneusement pesée à l’intention de ses interlocuteurs directs (clients, fournisseurs, prospects) permet de se reconstruire, d’envoyer des signaux positifs à son entourage, de se mettre en capacité de se repositionner et de réamorcer un cercle vertueux. » Un conseil partagé par Hervé Bommelaer, consultant en outplacement et mobilité professionnelle chez Leroy Dirigeants (groupe BPI) : « Le risque est grand de se “griller” ou bien de griller son réseau, en proférant des propos peu amènes à l’endroit de son ancien employeur, une fois que la décision de licenciement a été entérinée. Le monde de la chasse ou du recrutement est un petit milieu et les échos peuvent être dévastateurs. »
S’il est conseillé de peser le pour et le contre avant de prendre sa décision, lorsque celle-ci est prise, ne tardez pas à quitter l’entreprise. « Rester le plus longtemps possible rassure car l’inconnu fait peur, mais il n’est pas judicieux de côtoyer un environnement qui ne va plus “investir” sur vous et qui ne va pas vous envoyer des ondes positives », poursuit Hervé Bommelaer. D’où l’importance de profiter de son préavis pour réfléchir à ce que l’on souhaite faire, observer l’état du marché, déterminer la façon dont on va « se vendre » et éventuellement recourir à un accompagnement. « L’épisode entre deux emplois permet au cadre de revoir la représentation qu’il a de son parcours et lui donne l’occasion de s’interroger sur les circonstances de sa rupture avec son entreprise, souligne le coach Thierry Chavel. L’essentiel étant de ne pas rejouer la scène ailleurs. »