Le prix à payer
Vécue, dans le cas de Paul, comme une sorte de « prix à payer » pour franchir les premiers échelons de sa vie professionnelle, la crise de carrière peut revêtir des atours beaucoup moins réjouissants. En témoigne le cas de Jean-Yves, 50 ans aujourd’hui. Il est responsable des services généraux d’une entreprise de prévoyance parisienne (il a vingt ans d’ancienneté à l’époque) quand, suite à une fusion, la direction générale du groupe lui demande de gérer « dans les meilleurs délais », le rapprochement tant physique qu’administratif de plusieurs entités sous une nouvelle enseigne. Il doit en particulier choisir un responsable courrier, parmi trois candidats. « Je ne me suis basé que sur les seules compétences des intéressés. Une fois le choix effectué, une rumeur interne a insinué que j’avais été « acheté » par la direction. Une organisation syndicale a même orchestré cette sordide opération, en sous-main, pour placer son candidat. Cela m’a beaucoup affecté et a rendu le climat délétère. » Jean-Yves préfère alors jeter l’éponge. Il conclut un accord transactionnel avec la direction. « J’ai quitté la société six mois plus tard et j’ai trouvé un autre poste dans une compagnie d’assurances avant mon départ. Pendant quatre mois, le temps que je fasse le deuil de ma carrière dans l’entreprise, j’étais sous tranquillisants. Ma femme et certains de mes collègues m’ont beaucoup aidé à surmonter cette épreuve. »