Prendre du recul sur son travail : un dosage subtil
Manque de temps, pressions diverses…, les causes du surinvestissement au travail sont légion. Conseils pour les surmonter.
Dossier réalisé par Marie-Pierre Noguès-Ledru
Isabelle*, 33 ans, est directrice de clientèle dans une agence de publicité. Embauchée il y a sept ans comme conceptrice rédactrice, elle s’est toujours beaucoup investie et gère aujourd’hui une équipe de huit personnes. Son métier, l’agence lui plaisent, mais elle travaille trop. « Je reste au bureau tard le soir, sans compter toutes les soirées de mes clients auxquelles je dois assister. Même mon manager me reproche de trop en faire ! Mais j’ai beaucoup de conscience professionnelle, j’aime le travail bien fait et j’ai à cœur de satisfaire mes clients et d’apporter de la valeur ajoutée à mon équipe. En outre, je suis dans un domaine où l’urgence est la règle. En un sens, cela me convient : c’est dynamique, cela me stimule, j’ai besoin d’adrénaline pour travailler. Mais là, je réalise que je suis à la limite du burn out : je suis irritable, fatiguée, j’ai beaucoup de difficultés à me concentrer. Il faut que je fasse quelque chose. »
Un lit au bureau
Isabelle, comme beaucoup de cadres mais aussi de salariés, souffre d’une pathologie largement répandue dans l’entreprise : le surinvestissement. « Les collaborateurs comme les managers ne pilotent plus grand-chose, ils sont poussés par les événements et pédalent toujours plus vite, sans relever la tête », observe Alain Bayle, consultant et dirigeant du cabinet APVRH (spécialisé en RH et management). Un constat partagé par tous les coachs intervenant en entreprise, comme Alexandre Caillet, associé fondateur du cabinet Accompli : « La majorité de mes clients se sentent pris dans un engrenage et ont l’impression de ne plus rien maîtriser. “Avant j’avais une vraie qualité de vie au travail. J’avais le temps de réfléchir, de dialoguer, de débattre”, regrettent-ils. Mais sous la pression croisée de la mondialisation et des nouvelles technologies, cette qualité de vie a cédé la place à une course sans fin où tout est plus rapide et plus urgent. » Le coach de dirigeants Thierry Chavel se souvient d’une de ses clientes qui avait installé un lit de camp dans son bureau… Non pas pour s’accorder quelques siestes réparatrices, mais pour y dormir la nuit !
Lire la suite
À lire aussi :
Le point de vue du salarié : Sabine*, cadre dans une banque
Le point de vue d’un patron : François Tabourot, DG de Mega International
Le point de vue du DRH : Pascal Lobry, DRH de Spie Oil & Gas Services
La respiration, un outil pour reprendre pied
Lire la suite