Les optimistes s’en sortent mieux que les autres. C’est le point de vue de Philippe Gabillet, professeur de psychologie à l’ESCP Europe et auteur de L’Éloge de l’optimisme (1). Si cette attitude n’est pas aisée, il est possible de la travailler. Entretien.
Le titre de votre dernier livre n’est-il pas provocateur dans un contexte où de nombreux cadres sont touchés par la crise ?
J’ai surtout voulu montrer que ceux qui s’en sortent sont optimistes. Cela ne signifie pas qu’ils voient la vie en rose. Comme les pessimistes, ils partent du constat que la vie est dure, mais, contrairement à eux, ils ont face à cette situation un comportement totalement différent.
C’est-à-dire ?
Être optimisme signifie que l’on sait, face à toute situation, faire la part des choses : qu’est-ce qui m’est directement imputable ? Quelle est l’influence de mon environnement ? Beaucoup de personnes en situation difficile sont dans un sentiment d’échec qui les empêche de voir quelles sont leurs forces. Il est nécessaire de bien les cerner pour pouvoir avancer. Il est plus facile de rebondir en capitalisant sur ses forces qu’en essayant de corriger ses faiblesses. Les optimistes s’appuient également sur l’idée qu’il y a quelque part une solution, même si elle ne s’impose pas à première vue. Aussi vont-ils tout mettre en œuvre pour la trouver, contrairement aux pessimistes qui limitent leur horizon. Autre point important : la volonté des optimistes de relever le défi en recherchant des points d’appui au lieu de renoncer en se disant que de toute façon tout va aller de mal en pis.
Adopter cette attitude suppose de bien se connaître…
Oui, effectivement. Mais il faut aussi savoir faire preuve d’enthousiasme pour s’emparer de nouvelles idées, contrairement aux pessimistes qui vont toutes les laisser filer. Pour beaucoup de personnes, ce n’est pas une attitude aisée. Il faut apprendre à faire sa propre révolution quitte à se faire accompagner dans cette démarche pour trouver de nouvelles voies professionnelles en fonction de l’évolution de son secteur d’activité, de ses aspirations, s’inspirer d’exemples d’autres personnes, se rappeler par exemple des mots de réconfort qu’on a pu adresser à un ami en difficulté… Il n’y a pas de fatalité.
(1) Éditions Saint-Simon, novembre 2010, 15 €.
Propos recueillis par Laurence Estival
Janvier 2011