Alten : deux salariés licenciées pour avoir dénigré leur entreprise sur Facebook

Prudence sur les réseaux sociaux ! Le jugement du tribunal des prud'hommes de Boulogne vient de donner raison à Alten qui avait licencié pour faute grave deux salariées. Elles avaient fait part d'appréciations peu amènes concernant leur hiérarchie sur Facebook.

Deux de ces salariées avaient contesté ce licenciement (la troisième avait négocié son départ), qui, dans un premier temps, avait partagé les conseillers prud'homaux.

Le juge départiteur a tranché : la première est déboutée de l'ensemble de ses demandes, le jugement stipulant que « le licenciement pour faute grave est fondé ». (Elle est en outre condamnée aux dépens.)
La seconde ex-salariée d'Alten était en CDD : le juge a estimé que ce contrat était abusif. Le CDD est requalifié en CDI et la procédure de licenciement est jugée irrégulière. La jeune femme touchera donc des indemnités (5.032 euros). Toutefois, comme pour sa collègue, le juge estime que son licenciement pour faute grave est fondé. C'est probablement « le dénigrement de l'entreprise » et « l'incitation à la rebellion » qui l'ont emporté, dans la mesure où le caractère privé d'une conversation avec plus de deux personnes risque de devenir public. Les jeunes femmes avaient en effet commencé à s'exprimer sur  Facebook un samedi soir, mais auraient, dans la foulée, créé une page spécifique sur leur entreprise qui avait ensuite été alimentée pendant une semaine. L'avocat des salariées a annoncé qu'il portait l'affaire devant la cour d'appel.

Claire Padych

Novembre 2010

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