Accélérer le retour à l’emploi des cadres de plus de 45 ans, tel était l’objectif d’Etap’Carrière expérimenté depuis mars 2005 à Strasbourg et à la Défense à Paris. Au menu : des séances collectives alternant avec des entretiens individuels et un suivi individualisé régulier. Une méthode certes classique, mais qui porte ses fruits.
À deux pas de la Grande Arche, une tour de la Défense abrite les confortables bureaux de la plate-forme Etap’Carrière de l’Ouest francilien, Hauts-de-Seine et Yvelines. Sur les documents qu’affichent les trois partenaires du dispositif, l’Apec, l’ANPE et l’Unedic, on peut lire le slogan suivant : « Un service, une équipe, un concept pour l’emploi des cadres seniors ». À l’origine, un constat chiffré éloquent : « Seuls 32 % des cadres de plus de 45 ans retrouvent un emploi six mois après leur inscription à l’ANPE, précise Anne Magnin, responsable de la plate-forme. L’Unedic voulait augmenter sensiblement ce taux. Nous sommes partis du postulat que plus vite le nouveau demandeur d’emploi est pris en charge, plus on multiplie ses chances de retour à l’emploi. » Une expérimentation de seize mois auprès des cadres demandeurs d’emploi âgés de plus de 45 ans est alors lancée en mars 2005 à Strasbourg et à la Défense. Restait à vérifier l’hypothèse.
Un rythme soutenu
Dynamique dans sa forme, le dispositif Etap’Carrière reste cependant classique dans ses moyens. D’une durée de neuf mois, le programme – modulable – associe des entretiens individuels avec un conseiller unique, des ateliers de recherche d’emploi et des séances collectives de suivi hebdomadaires. Les participants peuvent mesurer l’impact et le temps réel consacré à leur recherche grâce à différents outils mis à leur disposition. « Le rythme soutenu et contraignant effraie au départ, reconnaît Valérie Lamandé-Rouet, consultante Etap’Carrière. C’est une des raisons pour lesquelles certains cadres sont rebutés. Mais rapidement s’instaure une dynamique d’échange très stimulante. » Seule réelle nouveauté : l’Assedic propose d’intégrer le dispositif sans passer par l’ANPE. Objectif : éviter les cassures entre l’ancien poste et l’accès à une prestation d’accompagnement intensif de recherche du nouvel emploi. Le participant s’engage sur la base du volontariat en signant une charte avec son consultant, issu de l’APEC et de l’ANPE. S’il décroche un emploi, s’ajoutent à cette période six mois de suivi dans la nouvelle fonction. Dans le cas contraire, à l’issue des neuf mois, il rejoindra les rangs des personnes suivies par l’ANPE.
Des méthodes qui gagnent
Même s’ils suscitent de prime abord quelques réticences côté participants, les travaux en groupe deviennent vite l’un des points forts du dispositif. « Quand il y a relâchement, le regard des membres du groupe peut être impitoyable mais très redynamisant, affirme Dominique Goupil, 51 ans. D’une part, vous êtes content d’apporter aux autres, et d’autre part vous recevez beaucoup. Des affinités se créent autour d’une même finalité, retrouver un emploi. » Et les résultats sont convaincants ! Sur les 302 participants du site de la Défense, le taux de sortie pour l’emploi à six mois atteint 48 %, soit 12 % de plus que pour les cadres hors de la plate-forme. Mieux, 60 % d’entre eux signent un CDI. Après neuf mois passés au sein d’Etap’Carrière, 63 % décrochent un emploi, alors qu’ils ne sont que 39 % des cadres inscrits à l’ANPE dans la même situation douze mois après leur inscription. « On constate des résultats similaires pour les 123 signataires de la charte Etap’Carrière en Alsace », se réjouit Thierry Bouillon, chargé de mission pour le service aux demandeurs d’emploi à la direction de l’Unedic.
Dans les prochaines semaines, celle-ci doit sceller le destin d’Etap’Carrière. « Ces derniers temps, nous avons lancé de nombreuses expérimentations auprès de publics spécifiques visant à trouver de nouvelles voies pour améliorer les résultats en matière de reclassement », pointe Thierry Bouillon. A priori, l’Unedic n’a pas vocation à porter elle-même ce type de plate-forme, mais l’APEC et l’ANPE pourraient reprendre Etap’Carrière à leur compte sous une forme ou sous une autre. Forte de ses bons résultats et citée en référence dans l’annonce du plan d’action pour les seniors que vient de lancer le gouvernement, cette offre de service aura sans nul doute des lendemains qui chantent.
Témoignages
Voix quasi martiale et ton direct adoucis par une bonne pointe de jovialité, Anne-Marie Le Duigou a gardé quelques traces de ses années passées dans l’univers militaire. À 56 ans, elle sait ce qu’elle veut. Son dernier poste : gestionnaire de configuration dans une filiale du groupe EADS spécialisée dans les systèmes informatiques et bases de données. Licenciée économique mi 2005, séduite par l’opportunité, elle intègre immédiatement la plate-forme Etap’Carrière après avoir participé à une réunion d’information. Son objectif : concevoir des sites Internet en étant à son compte. Aujourd’hui, elle insiste sur le professionnalisme des consultants. « Avant d’y entrer, je savais que je souhaitais créer mon emploi, j’avais même démarré mon étude de marché », se souvient-elle. Elle profite de cette période pour mieux cibler ses futurs clients, apprendre de nouveaux logiciels… Et se félicite d’avoir choisi l’accompagnement très personnalisé proposé par le dispositif Etap’Carrière pour y parvenir. « Comme mon projet n’était pas classique, si j’avais été suivie à l’ANPE, j’aurais dû me justifier sans arrêt auprès des conseillers. Au cours de la démarche, j’ai conforté et structuré mon projet. J’aurais cependant aimé que cela continue encore quelques mois ; aujourd’hui je me sens parfois seule face à ma situation de travailleur indépendant en plein lancement de mon activité. » De son côté, Dominique Goupil n’a qu’un seul regret : le manque de médiatisation du dispositif auprès des recruteurs qui « aurait favorisé les contacts ».
Promotion, expatriation... Vous avez une question sur le mobilité? Venez échanger sur notre forum
Yves Deloison
Juillet 2006
Commentaires
WAYNE16 - 29-01-09 18:49
Je viens de me faire licencier et je suis agé de cinquante quatre ans ,je ne connais qu\'un domaine qui est large malgré tout (quincaillerie-fournitures industrielles-produits sidérurgiques)j\'ai un parcours de plus de trente cinq années dans cette activité donc je ne sais faire que cela!!!Pourriez vous me dire comment je peux me RECONVERTIR.
Ajouter un commentaire