Accompagnement individuel, stages collectifs… Fabrice Roncière, responsable du service création d’entreprise à la CCI de Paris – délégation de Paris, fait le point sur les différentes formules à la création d’entreprise.
Se former à la création permet-il de limiter les risques ?
Oui, si cela permet au créateur de prendre du recul par rapport à son projet et d’apprendre à se poser les bonnes questions. Toutes les bases qu’il va acquérir, que ce soit en gestion d’entreprise, en montage financier ou en droit des sociétés, lui serviront pour l’aboutissement de son projet. Sans compter qu’il pourra aussi les mettre en pratique quand il dirigera réellement son entreprise.
Entre accompagnement individuel et formation, que choisir ?
La question se pose plutôt d’un point de vue chronologique. Il est préférable de commencer par une formation collective pour acquérir les bases de la création d’entreprise, puis d’opter pour un accompagnement individuel. Une initiation au financement, au marketing ou aux aspects réglementaires de l’entreprise permettra au créateur d’aller beaucoup plus rapidement à l’essentiel. En l’accompagnant, notre rôle sera alors de le guider dans les étapes de la création, d’insister sur la cohérence de son projet, en travaillant par exemple sur les prévisions financières de sa future société...
Quels conseils donnez-vous aux créateurs que vous accueillez ?
Chaque cas est bien sûr personnel mais, en général, précipitation et création d’entreprise ne font pas bon ménage. Il peut y avoir certes des contraintes de temps ou d’argent, mais aller trop vite n’est pas bon signe. Un projet de création d’entreprise bien mené, c’est un créateur qui anticipe, qui accepte de prendre du temps pour construire son offre avant de démarcher des banquiers. Il faut aussi savoir être réaliste, accepter de faire évoluer son projet, voire de le remettre à plus tard si toutes les conditions ne sont pas réunies. Enfin, quand on crée une société dans un domaine d’activité éloigné du sien, il peut être utile de suivre une formation pour acquérir des compétences dans ce nouveau métier. Car souvent, les gens se trompent. Servir des clients, par exemple, ce n’est pas si simple que cela...
Propos recueillis par Lydie Colders
Juillet 2004