Pour un statut de « dirigeant apprenant »

Comment faire émerger une « nouvelle culture entrepreneuriale » ? Francis Bécard, directeur de la Technopôle de l’Aube et directeur général du Groupe ESC Troyes a été sollicité sur cette question par François Loos, le ministre délégué à l’Industrie. Il vient de rendre sa copie (1).

Le rapport, pour répondre à la lettre de mission, met essentiellement l’accent sur les passerelles à développer entre les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs d’une part, et les entreprises, via leurs réseaux, d’autre part. L’objectif est de « planter le germe entrepreneurial afin qu’il se développe à un moment ou à un autre de la carrière professionnelle », écrit Francis Bécard. Ce dernier propose quinze mesures pour favoriser l’éclosion et met en évidence quelques bonnes pratiques existantes, notamment en matière de formation continue.

Apprendre à entreprendre. « La spécificité du créateur est qu’il n’embrasse pas la totalité des compétences nécessaires à la gestion d’une entreprise lors des différentes étapes de son cycle de vie », rappelle Francis Bécard. Il souligne que les formations spécifiques aux créateurs de PME innovantes peuvent être dispensées au sein des « écoles de management et d’ingénieurs [qui] possèdent un portefeuille couvrant l’intégralité des compétences nécessaires ». Ce dernier cite en exemple les programmes d’HEC et de l’ESSEC. Le premier est baptisé « Challenge+ ». Structuré en 25 journées de formation réparties sur un an, il est centré sur les projets innovants et les entreprises de haute technologie et permet aux candidats de bénéficier de conseils pour formaliser leur plan de développement. Le programme de l’ESSEC, comprend deux cycles, l’un de sept jours, destiné à des candidats repreneurs et l’autre, de neuf jours, consacré à des dirigeants qui veulent transmettre leur entreprise.

Le droit d’apprendre…et de se tromper. La formation continue ne remplacera cependant jamais l’expérience terrain. Francis Bécard propose donc aussi l’instauration d’un tutorat de dirigeants expérimentés en vue de rattraper d’éventuelles erreurs. « Aucune école n’enseigne la déclaration unique d’embauche, et pourtant, tout jeune patron s’y trouve vite confronté », détaille Francis Bécard qui a soumis au ministre la création d’un statut de dirigeant apprenant. Il « permettrait au créateur de bénéficier, sur une période de trois ans à compter de son premier exercice de mandataire social, d’un régime spécifique et d’un traitement aménagé par les administrations publiques en cas d’erreur (de bonne foi) ». Sur les quinze mesures du rapport, celle-ci aurait retenu toute l’attention du ministre.

(1) Rapport à monsieur le ministre délégué à l’Industrie sur le renforcement des coopérations entre les structures d’appui à l’innovation et à la création d’entreprises, les écoles d’ingénieurs et les écoles de management, 5 avril 2007 (téléchargeable sur www.industrie.gouv.fr/pdf/rapport_becard_2007.pdf)

 

Céline Manceau

Avril 2007

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