Se former à la création, le terrain d'abord !

Les programmes longs de formation continue à la création d’entreprise fleurissent dans les grandes écoles, les universités et les organismes de formation. Panorama d’une offre diversifiée et conseils pour choisir en fonction de son projet.

 

Vous avez le choix. Diplômante, qualifiante, certifiante, longue… l’offre de formation dans le domaine de la création d’entreprise est large. Même si les avis restent partagés sur l’opportunité de retourner sur les bancs de l’école pour se voir délivrer une sorte de « diplôme d’entrepreneur », les organismes de formation, écoles et universités collent de plus en plus à la réalité… et aux attentes des futurs chefs d’entreprise. Liées à des « incubateurs » d’entreprise, à des organismes spécialisés dédiés à l’aide à la création (chambres de commerce, des métiers, Boutiques de gestion…), et faisant intervenir des coachs pour accompagner les démarches en cours, les programmes proposent souvent une alternance terrain-théorie-travail par projets, qui en font des cycles assez originaux, notamment au sein des universités. Parce que très vite, les enseignants eux-mêmes ont compris que la formation à la création d’entreprise devait, pour avoir une légitimité et une efficacité, proposer un apprentissage spécifique. « Il est vrai qu’un corps professoral motivé peut aider des créateurs d’entreprise à monter un projet, estime ainsi Alban Schmutz. Mais être entouré de gens qui connaissent vraiment le parcours des entrepreneurs représente un énorme gain de temps. »

Une adaptation pour la formation continue
Gagner du temps est bien là l’un des problèmes majeurs, surtout pour les salariés ayant un projet de reconversion et de création ou reprise d’entreprise. L’obtention d’un diplôme étant souvent un parcours de longue haleine, l’offre s’est adaptée. Ainsi, l’IAE (institut d’administration des entreprises) de Nantes propose, à côté d’un master « projet d’innovation et entrepreneuriat en formation initiale », ouvert à tout étudiant titulaire d’un master 1, une option qualifiante « projet d’innovation et entrepreneuriat ». Accessible en formation continue pour des salariés titulaires d’un bac + 2 minimum et justifiant de trois ans d’expérience professionnelle, sa durée est de quatorze jours seulement. L’IAE de Rennes a également choisi de différencier ses programmes en formation initiale et continue, en proposant deux voies différentes pour parvenir au même diplôme, le master administration des entreprises. Est né ainsi le parcours Carte (création, acquisition, reprise transmission d’entreprise), en mars dernier. Ouvert à un public large de salariés ou demandeurs d’emploi « gestionnaires, mais aussi potentiellement ingénieurs, pharmaciens ou techniciens désirant développer une activité en propre », le cursus s’étale sur soixante-seize jours.

Diminuer la prise de risques
Autre tendance forte : la prise en compte de l’environnement régional ou local et la mise en commun des ressources. Le parcours Carte associe ainsi des partenaires locaux sur un même territoire : « Nous travaillons avec des organismes tels que les Boutiques de gestion, qui aident à la création d’entreprise, et des associations rattachées à la chambre de commerce », explique Pascale Burban, responsable de la formation continue.
Autre évolution : l’incitation à la reprise d’entreprise. Exemple : le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), de par son fonctionnement décentralisé, met en place un projet expérimental d’accompagnement de créateur d’entreprise en dirigeant celui-ci vers la reprise, et notamment les TPE… « Au cours du premier trimestre 2006, nous avons, au CNAM Languedoc-Roussillon, rassemblé des enseignants autour de la problématique de la création et reprise d’entreprise, explique Charles Despres, directeur du développement. Nous sommes partis du constat qu’une certaine partie de la population d’entrepreneurs ou d’entrepreneurs futurs seraient susceptibles de reprendre une activité existante avec des modifications légères ou plus profondes. Il s’agit de faire bénéficier une entreprise déjà existante de l’énergie et des idées d’un entrepreneur. » Une façon de laisser au repreneur la possibilité de s’approprier le projet initial de quelqu’un d’autre tout en innovant. Cours de finance, de marketing ou de conduite du changement, coaching sont au programme. Un moyen de mêler formation et suivi plus « serré », basé sur un constat « simple » du CNAM Languedoc Roussillon : la reprise fait prendre moins de risque que la création, et l’accompagnement du repreneur fait baisser de moitié les taux d’échecs.

Un moyen de reconnaissance
Enfin, les écoles d’ingénieurs se sont également emparé du sujet : l’accent est mis sur l’aide aux diplômés ou cadres expérimentés désirant conduire un projet innovant, souvent dans un domaine scientifique. Par exemple, le mastère spécialisé en entrepreneuriat et projets innovants, proposé par l’INT (institut national des communications) d’Évry, privilégie les projets qui utilisent les nouvelles technologies de l’information et de la communication, et bénéficie de l’intégration à l’incubateur de l’INT », explique Jacques Arlotto, directeur du programme entrepreneurial (lire aussi le témoignage d'Alban Schmutz). Le créateur est alors prêt à créer son entreprise ou son activité au terme de la formation. » Plus sans doute que pour des jeunes diplômés, ces formations prennent particulièrement leur sens pour des cadres de quarante ou cinquante ans. Le désir de promotion sociale et de reconnaissance joue alors à plein pour des salariés qui, d’une part, peuvent avoir plus de cartes en main pour se reconvertir en créateur« au cas où » et, d’autre part, obtiennent un diplôme en passant souvent par la validation des acquis. Un rempart non négligeable…

Dominique Perez

 

Mai 2007

Haut de page

Pour se former.fr en 1 clic !

Pour se former.fr en 1 clic !