Que se passe-t-il vraiment lors d’un entretien d’embauche ? Pour le savoir, nous avons assisté à un tête à tête entre un recruteur et un candidat, grâce au cabinet de recrutement Michael Page, qui nous a ouvert ses portes. Nous avons laissé tourner le magnéto. Voici le dialogue tel qu’il a eu lieu*.
>>> Pourquoi souhaitez-vous quitter votre entreprise aujourd’hui ? Quelle est votre rémunération actuelle ? Quels sont vos qualités et vos défauts ?... Après s’être rapidement présenté et avoir décrit ses expériences professionnelles, le candidat répond aux multiples questions du recruteur sur ses aspirations.
Le recruteur : Qu’est-ce qui fait que vous êtes en recherche ou en veille ?
Le candidat : Déjà pour reprendre contact avec le marché du travail, pour connaître ma valeur… On a une vision assez fermée lorsque l’on reste dans l’entreprise. Je suis tout à fait ouvert à la perspective de changer, d’aller sur un poste qui m’intéresse.
Le recruteur : D’accord, c’est plus, pour reprendre le terme que j’utilisais tout à l’heure, une situation de veille qu’une situation de recherche active.
Le candidat : Oui. Je vais peut-être m’y mettre un peu plus mais c’est effectivement le premier pas.
Le recruteur : Quels types de postes seraient susceptibles de vous intéresser ?
Le candidat : J’aimerais revenir à un poste de management, de responsable d’équipe. Ce qui me motive, c’est d’avoir un poste qui permettent de concevoir des outils mais avec une dimension opérationnelle. J’aime voir la finalité de ce que je fais.
Le recruteur : En gardant une dimension opérationnelle et un contact avec les clients…
Le candidat : Oui, tout à fait.
Le recruteur : En restant dans l’univers que vous connaissez et qui est celui de l’agro-alimentaire ? Ou pas forcément ?
Le candidat : Pas forcément. C’est peut-être mettre mes compétences sur un autre domaine d’activité. Je ne reste pas figé sur ce secteur.
Le recruteur : Bien. En termes de rémunération, vous êtes à quel niveau actuellement ?
Le candidat : Aujourd’hui, je suis à 40 000 brut.
Le recruteur : Qui se décomposent de quelle manière ?
Le candidat : Il y a à peu près 10 % en variable et 90 % en fixe.
Le recruteur : 40 Keuros, avec une répartition 90 %-10 %. Un véhicule de fonction, j’imagine ?
Le candidat : Oui.
Le recruteur : En terme de mobilité, vous êtes aujourd’hui en région parisienne, est-ce qu’un poste en province serait susceptible de vous intéresser ?
Le candidat : Pour des raisons familiales, ma femme travaillant, il y a peu de chances. J’ai deux enfants en bas âge. Pour des raisons familiales, je ne serai mobile qu’à l’intérieur de la région parisienne.
Le recruteur : D’accord. D’une manière très théorique, si on parlait de vous à votre manager actuel, qu’est-ce qu’il nous dirait sur vos qualités, vos axes d’amélioration, à votre avis ?
Le candidat : Au niveau des axes d’amélioration, je suis plutôt quelqu’un qui ne se dévoile pas facilement. C’est vrai que ça peut poser problème : je ne dis pas forcément les choses.
Le recruteur : Lorsque vous dites problème, c’est vis-à-vis de vos clients ou vis-à-vis de l’interne ?
Le candidat : Vis-à-vis de l’interne. Côté clients, ça peut être un avantage car on ne peut pas lui dire ce qu’on pense de lui dans certaines situations. Là, ça m’aide : cette réserve devient un atout.
Le recruteur : D’accord. Et sur les qualités clefs qu’il vous reconnait ?
Le candidat : Sur les qualités clefs : la prise de recul.
À l’aide d’un exemple, le candidat démontre comment il a utilisé ses capacités d’analyse et de synthèse récemment dans de l’entreprise pour lancer une nouvelle offre.
Le recruteur : La prise de recul et l’analyse du marché.
Le candidat : Voilà.
Le recruteur : Bien. Les perspectives que vous envisagez de management et autres ne sont-elles pas envisageables au sein de l’entreprise dans laquelle vous êtes ?
Le candidat : Pour l’instant, la structure a tendance à se réduire. Donc dans l’immédiat, non.
Le recruteur : Lorsque vous évoquez la suite avec votre management ou la DRH… Qu’est-ce qui est évoqué ?
Le candidat : Pour l’instant, il n’y a pas de perspectives immédiates. Eventuellement une évolution au sein du groupe.
Le recruteur : Ok. Pour bien comprendre votre situation de veille actuelle : est-ce que vous avez déjà répondu à des annonces, passé des entretiens ou pas encore ?
Le candidat : Pour l’instant, non.
Le recruteur : Vous êtes au début de la recherche. Dans le cadre de ce qu’on appelle la journée de solidarité, c’est plus le fait de passer un entretien qui vous intéressait plutôt que de vous confronter à des difficultés que vous n’avez finalement pas ressenties sur le marché de l’emploi ?
Le candidat : Oui. La perspective d’évoluer, de changer me parait importante. J’accorde beaucoup de valeur à cet entretien.
>>> Suite à cet échange, retrouvez le débriefing du recruteur, et ses conseils.
Nathalie Samson
Septembre 2009