Un poste de responsable des achats est à pourvoir dans une entreprise qui n’a pas, jusqu’alors, véritablement structuré son service achat, et qui se trouve face à une difficulté d’organisation et de management. Le candidat a connu plusieurs expériences professionnelles mais de courte durée. Le recruteur va tenter d’en connaître les raisons… Le grand intérêt de cet entretien est la longue liste de questions posées par le candidat. Il se met, dès l’entretien, dans une démarche d’acheteur. À conseiller. Voici le dialogue tel qu’il a eu lieu et les commentaires du recruteur *.
>>> Après avoir expliqué son licenciement et détaillé les missions courtes qu’il a enchaînées et répondu aux questions du recruteur sur son style de management, l'entretien se poursuit en anglais.
Le recruteur : Vous travaillez avec des fournisseurs étrangers ?
Le candidat : Je travaille actuellement avec un fournisseur suédois, qui a ramené sa production en France pour faciliter les flux logistiques. J’ai travaillé aussi avec des fournisseurs en Asie…
Le recruteur : Vous travaillez de façon quotidienne, vous menez des négociations en anglais ?
Le candidat : Ce sont des négociations en anglais, mais menées avec l’appui d’un interprète. Il s’agit de négociations de très haut niveau et les imperfections de langage ne pardonnent pas. J’ai eu des négociations avec l’Asie, plus ou moins quotidiennes, mais pas de grandes négociations. Il y en a eu aussi avec l’Inde, quotidiennes cette fois. Il y a eu également des négociations très serrées chez […] avec l’Italie et l’Angleterre et aussi des négociations très poussées lorsque j’ai travaillé chez […] avec les Allemands, ainsi que dans […].
Le recruteur : Do You think you can work very quickly in english, or it could be very difficult for you…
Le candidat : It will always be big difficult, because my english is not perfect. And I need more to improve my english, but I think the most important is people understand each other. For daily work, I do not have much problem, it is for hardly discussion, for long discussion, it is a problem.
L’entretien se poursuit ensuite un peu en allemand, où le candidat est très à l’aise.
Commentaire du recruteur : « Les entretiens en anglais ne sont pas très courants. Donc, les candidats ne s’y attendent pas, ils ne sont pas préparés. Je reconnais que ma technique est un petit peu « perverse ». Je les mets dans une position où ils pensent qu’ils ne vont pas avoir à parler en anglais. La première chose qui m’intéresse est de connaître leur réactivité, le switch quand ils vont passer dans une autre langue. Je veux aussi connaître leur appréhension personnelle de leur niveau. Cela me donne un avis sur la sincérité de la personne, si elle s’est valorisée sur ce point, d’une manière générale, elle aura peut-être survalorisé d’autres informations…
Parfois, il y a contradiction et beaucoup de candidats se font “attraper”. Mais si le candidat me dit qu’il n’est pas bon, qu’il doit vraiment s’y remettre, je renonce à cet exercice, je ne vais pas insister pour voir à quel point il n’est pas bon… Le niveau m’intéresse peu, au final. Dans le cas de cet entretien, le candidat est cohérent, répond bien à la question. L’allemand n’est pas un critère de recrutement, mais ce sera un plus pour le candidat. »
>>> Retrouvez les questions du candidat au recruteur sur le poste à pourvoir.
* extraits de l’ouvrage : Réussir ses entretiens d’embauche, l’Express Editions.
Dominique Perez
Janvier 2010
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