« Et pourquoi êtes-vous parti de cette entreprise ? »… Vous vous attendiez à cette question de la part du recruteur. Pourtant, entre le désir de dire la vérité et la volonté de la déguiser, votre cœur balance. Comment justifier de ses difficultés professionnelles lors d’un entretien d’embauche ? L’exercice est classique, mais pourtant souvent problématique. Voici des conseils pour présenter ses expériences même douloureuses et des exemples de réponses à apporter.
Bien analyser les situations
En préparant l’entretien, vous pourrez peut-être identifier au passage les univers professionnels dans lesquels vous préférez évoluer et ceux dans lesquels vous n’avez pas pu faire vos preuves, ce qui peut orienter la discussion. « Un candidat doit pouvoir prendre du recul et analyser les raisons de ses accidents de parcours, explique ainsi un consultant en recrutement. Par exemple, s’il semble ne pas réussir à travailler en équipe, mais n’arrive pas à le formuler, non seulement nous ne lui proposerons pas un poste en équipe, mais son manque de discernement le handicapera pour tout autre poste que nous aurions pu avoir. »
Anticiper les questions
Même si vous vous sentez parfaitement « au clair » sur cet accident professionnel, il est conseillé de bien préparer l’explication. La mauvaise impression laissée par une rupture avec un employeur risque de rejaillir lors de l’entretien contre votre volonté. Mieux vaut assumer calmement cet événement plutôt que de tenter de le rendre positif sans y croire ! Bien entendu, il sera plus aisé de présenter cet épisode si vous avez été licencié à la suite d’une restructuration ou pour cause économique. Mais si votre interlocuteur sent qu’un conflit vous a opposé à une équipe, à vos collègues ou à un membre de la hiérarchie, il peut avoir quelque réticence à prendre ce risque dans son entreprise. « Je cherche toujours à savoir si le candidat a vécu un conflit avec une personne seulement, ou avec une équipe toute entière, précise Laurent Menin, recruteur. Dans le premier cas, c’était une difficulté de personne à personne, ce qui arrive à tout le monde au moins une fois au cours d’une carrière. Dans le second cas, cela peut révéler une incapacité à travailler au sein d’une équipe. Ce peut être plus gênant s’il s’agit de quelqu’un qui devra travailler dans un contexte collectif ou manager des personnes. »
Conseils – Les erreurs à éviter
Courantes, parce que volontiers utilisées lors de conversations entre amis par exemple, certaines attitudes sont à proscrire en entretien d’embauche.
• Continuer de s’associer à son ancien employeur : « Nous faisons X % de chiffre d’affaires, nous commercialisons tel produit… » Même après un licenciement, il n’est pas rare que les candidats continuent de parler de leur entreprise comme si elle était toujours leur. À déconseiller.
• « Trop » expliquer : on peut raconter une situation sans entrer dans des détails interminables, avec la volonté souvent légitime de se justifier. Se perdre dans des considérations trop approfondies sur une situation risque non seulement d’ennuyer le recruteur mais de l’inquiéter sur vos capacités de synthèse et d’analyse.
• Critiquer son ancien employeur : soyez le plus factuel possible. Vous pouvez dire qu’il a existé un différend entre votre manager et vous, et expliquer qu’il s’agissait par exemple d’une question de stratégie, mais en allant trop loin vous risquez d’une part de rompre la confidentialité, d’autre part de donner l’impression de ne pas assumer.
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Dominique Perez
Avril 2005