Pas de mobilité sans sécurité !

La fluidité du marché du travail n’est pas l’urgence. C’était le message de Jacques Attali (1), lors de la clôture du forum annuel des professionnels de l’intérim (2). Le sujet du jour ? La flexicurité, thème cardinal des discussions en cours entre le Medef et les partenaires sociaux sur la modernisation du marché du travail. Elle vient, selon lui, bien après les nécessaires fluidités sociale et géographique. Bien après l’obligation de fluidifier les structures d’État (trop nombreuses et trop rigides). En outre, sans sécurisation préalable, la simplification du contrat de travail engendrera pire : la résistance au changement. Pour Jacques Attali, le chômeur est un travailleur et doit être considéré comme tel, en ayant un contrat avec une « institution-employeur » (agence d’intérim, antenne ANPE-Assedic, etc.). Il parle d’un double devoir : « Celui pour l’individu de chercher du travail, celui pour la société de fournir l’aide nécessaire. » Les financements seraient prélevés sur les fonds consacrés au chômage et à la formation professionnelle.
Sur cette musique-là, les sociétés de travail temporaire comptent bien jouer leur partition. Puisqu’elles se targuent de contrer la précarité par une profusion de droits transférables pour l’intérimaire et un suivi de sa carrière. Des dispositifs dont les cadres bénéficient de plus en plus. Même s’ils ne représentaient que 2 % des intérimaires en 2006, leur nombre a crû de 15 % et a décuplé en dix ans. Il s’agit surtout d’ingénieurs et cadres techniques (55,1 %) et de cadres administratifs et commerciaux (37,1 %). 

(1) À la tête d’un ouvrage collectif, L’Avenir du travail, pour Manpower, coédition institut Manpower et Fayard, mai 2007.

(2) Le 28 novembre 2007, à Paris.

Marie-Madeleine Sève

Janvier 2008

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