Papy-boom : place à la mobilité interne !

La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ? C’est la question qu’on se pose aujourd’hui quant à l’effet du papy-boom sur l’emploi. Les nombreux départs en retraite devaient doper les recrutements à partir de 2006. Selon la dernière enquête publiée par la Cegos, plus l’échéance du choc démographique se rapproche, plus cette perspective semble s’éloigner. Arrêt sur image.

Les années se suivent et se ressemblent… C’est la première impression qui se dégage de la quatrième édition du baromètre de la Cegos sur l’impact du papy-boom (1). Cette année, 66 % des DRH considèrent l’impact du choc démographique comme une problématique de court terme traitée au fil de l’eau, contre… 64 % en 2005. Seul hic : comme l’an passé, la tendance est d’en profiter pour réduire les effectifs ; les DRH sont deux fois plus nombreuses à envisager cette hypothèse (32 %) plutôt qu’une augmentation (14 %). De leur côté, les cadres se montrent plus pessimistes encore puisqu’ils sont près de la moitié (47 %) à indiquer que leur entreprise est dans cette logique de réduction. Tout n’est cependant pas si noir pour Jean-Michel Brunet, consultant ressources humaines à la Cegos, qui se veut résolument optimiste. « Ce n’est pas parce que les effectifs baissent qu’on va arrêter de recruter, nuance l’expert. Manifestement, beaucoup d’entreprises anticipent une augmentation des volumes de recrutement, en particulier dans la banque, les assurance et le secteur public. » (lire l’encadré)

Les seniors, génération sacrifiée ?

Les départs ne seront cependant pas sans conséquences. Un jeu de chaises musicales devrait commencer à voir le jour dans les entreprises. Selon l’étude en effet, la grande majorité des DRH interrogées (83 %) pensent privilégier la promotion interne pour remplacer les partants. La majorité d’entre elles disent avoir déjà engagé des démarches opérationnelles pour anticiper ou préparer le choc démographique. Près de deux DRH sur trois (62 %) répondent par exemple avoir mis en place des modalités de transfert des compétences. Ce que ne perçoit qu’un cadre sur trois (35 %)… Sur le terrain donc, les salariés ne voient aucunes retombées concrètes. Et, comme l’an passé, peu d’entre eux perçoivent dans le choc démographique à venir une réelle opportunité pour progresser. En fait, seuls les 31-35 ans considèrent qu’ils vont tirer les marrons du feu. Ils sont un sur deux en effet à estimer que les départs en retraite leur ouvrent des perspectives de carrière. Dès 36 ans, l’opinion s’inverse. Les seniors notamment pensent toujours qu’ils vont être les grands perdants et se voient comme une « génération sacrifiée ». Seul un quart des 46-50 ans pense que le papy-boom leur apportera des perspectives de carrière nouvelles. À tort ? « Leur recrutement n’est certes pas privilégié dans les entreprises. Mais il semblerait que certains préjugés s’estompent », souligne Jean-Michel Brunet, pour qui leur salut viendrait notamment des PME. Au total, 41 % des DRH se déclarent prêts à recruter des plus de 50 ans. Mais, là encore, les cadres ne les rejoignent pas totalement. Ils ne sont que 11 % à partager cet avis. Un décalage entre la théorie et la pratique ? La réponse ne devrait plus tarder.

Nathalie Samson

Avril 2006

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