C’est prouvé : quand on a moins peur pour son emploi, on se préoccupe de nouveau de sa rémunération et de l’intérêt de son job. Les cadres français, sondés par l’APEC, retrouvent le moral (plus de sept sur dix se déclaraient, en 2006, satisfaits du climat général dans leur entreprise), en même temps que le souci des responsabilités exercées (plus 4 points par rapport à 2005) et celui de leur rémunération (plus 1 point). Et, autre bonne nouvelle, ils bougent de nouveau…ou s’y préparent sérieusement.
Trois cadres sur dix ont vécu une mobilité professionnelle en 2006, contre deux sur dix en 2005. Preuve qu’ils se sentent mieux dans leur entreprise ou qu’ils ont encore peur de faire le « grand saut » ? Ils choisissent de préférence la mobilité interne : 22 %, contre 6 % qui préfèrent changer de société. Une progression que l’APEC reconnaît lente, même si elle est régulière. Il reste que près de 70 % des cadres n’ont connu aucun changement professionnel au cours de cette même année !
Les jeunes sont les moins fidèles, par mentalité ou par obligation ? En tout cas, les trois quarts des cadres ayant changé d’entreprise annoncent que leur départ s’est fait à leur initiative. 86 % des jeunes (âgés de 30 à 35 ans) disent avoir choisi de partir, tandis que les plus âgés admettent en avoir été le plus souvent contraints. Les commerciaux sont les plus mobiles « volontairement », contrairement aux cadres de gestion, finances, comptabilité, administration.
Des cadres aux aguets. Comment les entreprises vont-elles l’entendre ? D’une relative passivité les années précédentes, les cadres sont désormais en veille : « Six sur dix – contre cinq sur dix en 2005 – observent attentivement le marché. Et plus souvent que l’année précédente, ils ont engagé des actions impliquantes – solliciter des relations, postuler à une offre, passer des entretiens… C’est un signal fort pour les entreprises qui ne souhaiteraient pas voir six de leurs cadres sur dix se démotiver ou les quitter », prévient l’APEC.
Les « seniors » ne sont pas égaux face au marché de l’emploi. Plus de la moitié des seniors n’effectuent aucune démarche en vue d’une mobilité (consultation des offres d’emploi, restructuration de leur CV, ou sollicitation du réseau…). Cependant, les« 50-54 ans » sont plus actifs sur le marché que les cadres âgés de 55 à 59 ans. « Plus que leurs aînés, ils ont fait acte de candidature, ont sollicité leur réseau ou passé des entretiens de recrutement. » Moins présents sur ce terrain, les « seniors » connaissent cependant des caractéristiques comparables à celles des plus jeunes pour ce qui concerne leur degré d’investissement, leur temps de travail, leur charge de travail et le stress induit.
Dominique Perez
Octobre 2007