
Claude Mulsant, directrice adjointe du cercle Magellan
Entretien avec Claude Mulsant, directrice adjointe du cercle Magellan, réseau de responsables des ressources humaines internationales.
Quels sont les profils qui peuvent aujourd’hui bénéficier d’une expatriation ?
Les entreprises ont besoin d’un minimum d’expatriés. On a atteint un seuil en dessous duquel on ne descendra cependant pas forcément. Elles évaluent la valeur ajoutée de la personne au regard du coût. Si celle-ci n’est pas évidente, elles font appel à la main d’œuvre locale. Contrairement à il y a dix ans, on a en effet dans les pays dits émergents (Europe de l’Est, Asie) des gens très bien formés qui peuvent diriger localement les entités des entreprises.
Cela signifie-t-il moins d’opportunités pour les jeunes ?
Confrontées à un souhait grandissant de jeunes voulant une expérience internationale, mais qui n’ont pas de plus-value immédiate, les entreprises réfléchissent actuellement à des parcours de formation et de diversification pour les « potentiels » : ça peut être de l’expatriation ou des missions courtes (de 6 à 12 mois).
Quels conseils peut-on donner aux cadres effectuant des missions courtes ?
Les missions courtes augmentent car les gens travaillent plus en mode projet.
L’avantage est que dans ce cadre, on n’a pas le problème du retour. On parle de « l’après » tout de suite. (Si ce n’est pas fait, le cadre doit le demander...).
Dans la mission courte, la famille reste dans le pays d’origine, c’est donc plus simple. Il y a une souplesse qui permet de ne pas déraciner la famille, et au conjoint de ne pas perdre son emploi.
Quel est l’avenir des contrats locaux ?
Les contrats locaux existent surtout dans les mobilités intra-régionales mais ils resteront à mon avis limités. Les entreprises ont aujourd’hui des problèmes de motivation, de sécurisation des contrats et des difficultés à les mettre en place. Les missions courtes répondent mieux à ces besoins.
Propos recueillis par Nathalie Samson
Avril 2009