
Maï Le Prat, avocate en doit social, cabinet Verdier Le Prat Avocats
Comment réagir quand du jour au lendemain, ou, plus souvent, peu à peu, on voit ses fonctions vidées de leur substance, que l’on est privé de moyens matériels de travailler, sans bureau, ordinateur, téléphone ? Notre experte Maï le Prat, avocate en droit social (cabinet Verdier Le Prat Avocats), détaille les recours juridiques possibles dans le cas d’une « mise au placard ».
« Mise au placard » : cette expression populaire désigne une multitude de situations concrètes, souvent progressives et insidieuses, si bien que le salarié ne sait pas toujours comment réagir. Bien évidemment, la démission pourrait le libérer d’une situation professionnelle anxiogène. Toutefois, dans cette hypothèse, il ne pourra pas bénéficier d’indemnité Assedic.
D’autres solutions sont donc envisageables afin que le salarié puisse faire respecter ses droits.
1. La prise d’acte de la rupture du contrat de travail
Le salarié peut décider de prendre acte de la rupture de son contrat de travail aux torts de son employeur par courrier recommandé avec accusé de réception. Dans ce cas, il lui notifie que le contrat de travail est rompu aux torts de ce dernier puisqu’il n’a pas rempli loyalement les obligations du contrat de travail : il n’a pas donné de travail au salarié, il ne lui a pas donné les moyens de travailler.
Dès que l’employeur reçoit le courrier de prise d’acte, le contrat de travail est rompu, sans préavis. Le salarié devra ensuite saisir le conseil des prud’hommes. Si le demandeur dispose d’arguments solides pour justifier la prise d’acte de rupture, le Conseil des Prud’hommes confèrera à cette dernière les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse : indemnité de préavis, indemnités de licenciement, indemnité réparant le préjudice de carrière et/ou le préjudice moral.
En revanche, si le conseil des prud’hommes estime que le salarié a pris acte de la rupture avec légèreté, sans arguments concrets, sa démarche sera considérée comme une simple démission. L’employeur pourra, le cas échéant, former une demande d’indemnité au titre du préavis que le salarié n’a pas effectué.
Il est donc important de réunir des preuves permettant de démontrer que l’employeur a manqué à ses obligations :
- Si le salarié n’est invité à aucune réunion, donner tout élément permettant de prouver que ces réunions se sont tenues ;
- Si le salarié n’a plus de bureau, se procurer des attestations de collègues, « traçer » la situation en envoyant des emails à la Direction afin de se plaindre et réclamer un bureau ;
- Si le salarié ne se voit plus fixer d’objectifs, communiquer aux juges les objectifs des années passées afin de montrer le changement, etc.
Dans un cas d’espèce, un cadre appartenant à une direction des ressources humaines avait été confronté à une mise à l’écart très difficile. Tout d’abord, du jour au lendemain, plus aucune tâche ne lui a été confiée. Il ne travaillait plus que de sa propre initiative, sans qu’aucune directive ni aucun objectif ne lui soit donné. Le journal de l’entreprise a ensuite consacré un article à son service. Or, tous les membres du service des ressources humaines étaient cités et photographiés, sauf lui ! Puis, un jour, la Direction a souhaité transformer son bureau en un local technique : le salarié ne disposait plus ni de lieu pour travailler, ni de moyens tels qu’un ordinateur ou une ligne de téléphone. Enfin, il n’a pas été invité au séminaire annuel de l’entreprise, auquel il avait pourtant été convié auparavant. Après avoir alerté la Direction plusieurs fois sans obtenir de retour, ce salarié s’est décidé à prendre acte de la rupture de son contrat. Son action judiciaire a été couronnée de succès.
Attention : pendant la durée de la procédure, laquelle peut être parfois supérieure à un an, le salarié n’est pas couvert par l’assurance chômage si bien que la décision de prendre acte de la rupture de son contrat peut être source de précarité.
2. La demande de résiliation du contrat de travail
Le salarié dispose d’une autre option s’il souhaite mettre son employeur face à ses responsabilités. Ainsi, tout en restant à son poste, il peut saisir le conseil des prud’hommes afin que ce dernier prononce la résiliation de son contrat de travail.
Pendant toute la durée de la procédure, le salarié reste dans l’entreprise. Il continue d’occuper son poste et est rémunéré chaque mois. Lorsque le conseil des prud’hommes examine l’affaire, il opère le choix suivant :
- soit il considère que l’employeur est fautif et il déclare alors le contrat rompu, avec toutes les conséquences d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
- soit il considère que l’employeur est dans son bon droit et il déboute le salarié de sa demande. Le contrat de travail se poursuivra alors normalement.
3. Le harcèlement moral
« La mise au placard » peut parfois être constitutive de harcèlement moral lorsque les agissements concernés ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail du salarié, susceptibles de porter atteinte à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
Dans ce cadre, l’employeur est bien évidemment tenu responsable du préjudice subi par le salarié. Mais l’employeur est également susceptible d’être sanctionné pénalement à hauteur d’un an de prison et de 3750 € d’amende.
Il est conseillé au salarié d’alerter le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s’il en existe un au sein de l’entreprise. De même, le salarié pourra prévenir l’Inspection du travail de la situation de harcèlement moral dont il fait l’objet. Bien évidemment, il est également conseillé de faire appel à un avocat.
Janvier 2009
Commentaires
soulef - 03-03-10 15:15
MONIA
Je comprend votre situation, mais il ne faut pas oublier que ce n'est qu'un travail, il faut changer car cette situation ne fera que vous enfoncer. Il faut se dire qu'ailleur ç'a ne pourra pas être pire.
Le mieux c'est de voir avec la médecine du travail qui vous aidera à sortir de cette situation.
Bon courrage
BEN YOUSSEF - 03-03-10 15:09
Bonjour, j'ai vécu une situation de mise au placard avec le harcèlement quotidien de signer un accord pour partir à l'amiable,
J'ai fait constater par un huissier mandaté par le tribunal auquel j'ai fat une demande d'intervention. L'huissier a constaté en présence de mon employeur la mise au placard qu'il me faisait subir, soit pas de téléphone pas d'ordinateur, pas de travail...
Il faut prévenir la médecine de travail et l'inspection du travail qui malheureusement ne fait rien.
Envoyer des lettres recommandées à l'employeur pour se plaindre de la situation chaque fois qu'il est nécessaire et accumuler des preuves.
Dominique - 17-04-09 15:04
Bonjour Monia,
La situation que vous vivez est excessivement diffcile tant que le plan personnel que professionnel. Il est important de ne pas mélanger les deux.
Je vous conseille de vous rapprocher de votre médecin traitant ou d\'un autre professioonnel de santé en qui vous avez confiance. Gra^ce à son aide et à son soutien, vous pourrez aborder le problème lié à votre travail différemment.
Très cordialement,
MONIA - 17-04-09 10:18
Monsieur Le Directeur
Je vous expose le cas suivant qui est le mien.
Mon marii est décédé le 17 noembre 2003. j\'avais alors 17 ans d\'ancienneté où je travaille.
A la suite de ce drame , j\'ai été mise au placard, alors que j\'étais la secrétaire principale de mon employeur, .
Il a embauché une autre secrétaire. Et moi on ne me donne que des choses dégradantes à faire. aller aux archives , claser des dossiers aux archives, qui se trouvent au sous-sol, sanf fenêtre, etc....
je pleur tous les soirs et j\'ai de plus en plus des tendances suicidaires.. et je pense que je vais en finir.
je n\'ai déjà plus mes parents depuis l\'age de 12 ans (pour mon père) 26 ans pour ma mère,
je n\'y tiens plus du tout. Merci de votre aide
redac - 16-04-09 15:57
Bonjour,
Vous pouvez appeler le service d\'information du ministère du travail: Travail info service : 0 821 347 347 , et demander à joindre un chargé d\'information. Celui-ci pourra vous renseigner de manière simple sur les questions liées au droit du travail (licenciement, démission, retraite...).
Attention ! Ce service est payant : 0,12 euros/min.
Cordialement,
N.S.
aimoula - 16-04-09 12:20
on ma fais signer une rupture conventione en anti datant les documents g pas tres bien compris ce qui se passer on m\'avait precedament menacer que si j\'acepter le me faire licencier se seras une grosse bagarre mon employeir ma dis\" on a un dossier contre toi et on te grilleras dans toutes les boites de marseille\" qu\"est ce que je peut faire je suuis obliger de venir au travail tous les jours et on me met une pression je n\'en peut plus aidez moi
sVP
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