Après une rupture professionnelle, il est essentiel de se remettre dans de bonnes conditions pour affronter à nouveau le monde du travail. Selon les experts, quatre phases sont indispensables pour mettre toutes les chances de son côté : accepter un temps de deuil, et en attendant d’utiliser son réseau et de s’armer de patience, faire le point avant de se lancer.
Quelle que soit l’importance du choc induit par le licenciement, l’intérêt de se faire accompagner pour retrouver un emploi est dorénavant de plus en plus admis. Surtout pour les personnes restées très longtemps dans la même entreprise.
Avoir un regard extérieur pour faire un retour sur soi, “poser ses valises” dixit Anne Lépinay, consultante en transition professionnelle au cabinet d’outplacement l’Espace Dirigeants, est l’un des préalables quasi obligatoires. Cela suppose de prendre le temps nécessaire. “Certains cadres veulent aller très vite, témoigne la consultante, ne se donnant que quelques mois pour retrouver un poste. Nous devons parfois être un peu fermes avec eux, en leur disant que nous les accompagnons dans leur démarche, mais qu’en parallèle ils doivent faire un bilan pour verrouiller leur discours, valider leur projet et leur démarche avant de chercher activement.”
“Dès mon départ de l’entreprise, j’ai envoyé quelques CV, mais surtout j’ai commencé à me demander ce que j’allais faire, témoigne Éric, 51 ans, ancien DRH dans un groupe industriel. Continuer dans mon métier ou choisir une autre voie ? J’avais besoin d’être accompagné. J’ai quitté l’entreprise au mois de juin, j’ai commencé un outplacement en septembre.”
On revient souvent à ses premières amours…
Ne pas laisser s’immiscer la rancœur dans son projet professionnel est indispensable. Le risque : se détourner de quinze ou vingt ans de vie dans l’entreprise, de compétences acquises et de passion éventuelle pour son job et se lancer dans une aventure non réalisable ou non adaptée.
Éric, en mettant à plat ses compétences et ses désirs professionnels, a compris qu’il n’avait aucune envie de travailler seul, et a ainsi repoussé sa première idée de prendre une franchise.
Idem pour Catherine, 55 ans, qui après vingt ans dans les ressources humaines d’un grand groupe, a décidé de “capitaliser sur ce qu’elle savait faire” plutôt que de se tourner vers des missions de consulting ou de management de transition. “J’ai compris que je n’avais pas développé la capacité à faire du business, ce qui est demandé par les sociétés de conseils.”
Le cabinet l’Espace Dirigeants conseille toutefois de creuser en parallèle “le projet de la raison et le projet du cœur”, car l’occasion peut être belle de se lancer dans un métier de passion, la grande majorité des cadres qui changent d’emploi poursuivent dans leur voie professionnelle initiale. “Mais ils auront exploré d’autres pistes, explique Anne Lépinay. C’est un moment dont on peut aussi ‘profiter’, quand on n’a pas de contraintes financières lourdes, on peut prendre le temps de chercher.”
Quel accompagnement ?
Retrouver un emploi prend actuellement, pour les cadres, de six mois à un an. Négocier une durée d’outplacement suffisamment longue avec son entreprise est fortement conseillé. C’est pourquoi la formule de “l’illimité”, qui ne s’arrête que lorsque le cadre a retrouvé un emploi stable est aujourd’hui la plus sécurisante.
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Dominique Perez
Février 2011