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Bien négocier pour mieux tourner la page

Dominique, la quarantaine, travaillait comme consultante dans un cabinet de conseil depuis plusieurs années lorsque celui-ci a été racheté. « Rapidement, le patron a été remplacé, l'ambiance s'est beaucoup dégradée, se souvient-elle. J'ai dû accepter des missions impossibles. Lors de la dernière, qui était sans aucun rapport avec mes compétences, je me suis totalement ramassée ! Quelques jours plus tard, j’ai reçu ma convocation pour un entretien préalable pour un licenciement pour faute. En tant que déléguée du personnel, j'étais protégée et je pouvais demander le versement de mes salaires jusqu’à la fin de mon mandat, au minimum. Mais dès le premier rendez-vous, j’ai demandé moins, pour que les choses aillent vite et que je puisse passer à autre chose. Une aubaine pour la direction, qui a accepté ma demande. Après, j’avoue que j’ai ressassé cette histoire un temps infini, parce que j'aurais dû demander beaucoup plus ! »

Les indemnités sont une affaire d'argent, mais pas seulement. « Car un licenciement bouleverse une vie entière, et pas seulement celle de l’intéressé, mais aussi celle de ses proches », rappelle Karine Géronimi. Par ailleurs, c’est important de pouvoir dire autour de soi que l’on a négocié son départ plutôt que l’on a été licencié.

Être licencié est souvent vécu comme une injustice : obtenir une juste compensation s'apparente à une reconnaissance de cette iniquité. Et permet de tourner plus facilement la page.

Jean-Marc Engelhard

Avril 2009

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