Comment s’organise l’outplacement ? Quelle différence avec le bilan de compétences ? Qui peut en bénéficier, et dans quel cas est-ce utile ? Décryptage d’une prestation dont les rouages restent souvent méconnus.
La prestation d‘outplacement débute systématiquement par un bilan professionnel. Durant un ou deux mois, à raison d'une ou deux séances par semaine, vous retracez votre parcours professionnel, vous faites le point sur vos compétences, vos aspirations et vous clarifiez votre projet. Un consultant vous suit tout au long de la démarche. Les outils sont grosso modo semblables à ceux d’un bilan de compétences : entretiens, tests informatiques, analyse graphologique, recherche documentaire… Mais les résultats visés sont plus immédiats et plus concrets. L’objectif de cette étape est de vous apprécier à votre juste valeur afin de mieux cerner le type de poste qui vous convient et le type d'entreprise dans laquelle vous souhaitez travailler. Vous élaborez également un plan d'action afin de mener à bien votre recherche d'emploi.
Un accompagnement sur-mesure
Vous entrez alors de plain-pied dans l'action. Votre consultant vous prodigue des conseils pour refondre (si nécessaire) votre CV, décoder les offres d'emploi, cibler vos candidatures spontanées, activer votre réseau relationnel, préparer vos entretiens d'embauche… Le cas échéant, vous participez à des séminaires ou à des ateliers de travail sur la communication et les techniques de recherche d'emploi. Vous pouvez aussi suivre un stage technique si vos lacunes dans un domaine particulier représentent un frein à l'embauche.
L'outplacement ne s'arrête pas forcément à la signature d'un nouveau contrat de travail. Comment organiser vos activités ? Prendre vos marques dans votre nouvel environnement professionnel ? Nouer de bonnes relations avec vos collègues ? A la manière d'un coach, votre consultant peut vous aider à passer le cap de la période d'intégration dans les meilleures conditions possibles.
Qui peut en bénéficier ?
Si, à l'origine, l'outplacement individuel concernait une élite (cadres supérieurs, dirigeants), il s’adresse aujourd’hui à toutes les catégories de salariés. Selon une enquête du syndicat Syntec des conseils en évolution professionnelle, réalisée en 2003, 26 % des candidats sont âgés de moins de 35 ans, 61 % ont entre 35 et 50 ans et 13 % sont âgés de plus de 50 ans. Par ailleurs, ils sont près de la moitié (49,5 %) à avoir un niveau bac + 1 ; 37 % à avoir un niveau bac + 5 et plus et 13,5 % un niveau égal ou inférieur au bac. Inter – Trois bonnes raisons d’effectuer un outplacement
Prendre du recul. Vous pouvez utiliser ce dispositif pour faire des choix de carrière, tenter de mieux équilibrer votre vie professionnelle et votre vie personnelle. Si vous avez travaillé longtemps dans la même entreprise, vous avez probablement perdu la notion de votre valeur. Votre niveau de salaire est-il au-dessus ou en dessous de la moyenne ? Vos compétences exigées par la fonction sont-elles à jour ? L'outplacement vous servira à dresser un état de l'art du marché de l'emploi.
Ne pas se retrouver seul après une perte d'emploi. Durant votre recherche, vous disposez d'un endroit accueillant où vous pouvez utiliser des moyens informatiques et logistiques, lire la presse, consulter de la documentation… La plupart des cabinets offrent même des facilités supplémentaires : bureau partagé, boîte vocale, secrétariat, accès à des bases d'information…
Tourner la page. Le confort matériel, c'est bien, le réconfort psychologique, c'est encore mieux. Lors des discussions avec votre consultant, vous pouvez exposer vos griefs contre votre entreprise, analyser les raisons de votre départ, revenir sur tous les aspects positifs de votre expérience… Bref, l'outplacement vous aide à faire le deuil de votre ancien emploi et à repartir sur des bases saines.
En solo ou en groupe ?
L'outplacement se déroule soit sous une forme collective (un même prestataire gère le reclassement de tous les salariés), soit sous une forme individuelle (le candidat est libre de choisir son cabinet). Dans les deux cas, c'est l'entreprise qui commande la prestation. Toutefois, rien ne vous empêche de prendre les devants et de demander à en bénéficier. Vous pouvez, par exemple, en faire un objet de négociation lors de l'entretien de licenciement.
Combien coûte une prestation d’outplacement ?
Le coût d'un outplacement représente l'équivalent de deux mois à deux mois et demi de salaire suivant les cabinets et la stature sociale des candidats. S’y ajoutent les frais inhérents à l'occupation d'un bureau, à l'utilisation d'équipements informatiques et de communication… Mais n'ayez pas d'inquiétude. C'est votre ancien employeur qui règle l'addition.
Quels résultats peut-on en attendre ?
L'outplacement donne des outils pour faciliter votre recherche d'emploi : techniques de prospection, identification des cibles, communication... D'après le syndicat Syntec des conseils en évolution professionnelle, il réduit la durée moyenne pour trouver une nouvelle activité. Sur 2 737 missions terminées en 2002, 36,5 % ont duré moins de six mois, 29,5 % de sept à neuf mois, 23 % de dix à douze mois et 11 % de treize à dix-huit mois.
Olivier Zeller
Novembre 2004
Commentaires
tebopro - 16-06-08 15:10
Etes-vous un bon « Shopper » ?
Vous êtes licenciés, votre employeur vous offre parfois une transaction, assortie le cas échéant d’un accompagnement type outplacement. C’est un « cadeau » non négligeable représentant entre 2 et 3 mois de salaire, mais c’est un investissement utile pour votre avenir, s’il est bien investit. A partir de là, vous avez le choix en général du prestataire, sauf imposition de son DRH. Ce denier peut vous suggérer tel ou tel conseillé qui lui semble vous convenir, mais votre relation de nature conflictuelle, liée à la situation, fait que vous ne l’écouterez pas toujours. On appelle « Shopper » celui qui rencontre les cabinets pour faire le choix de son prestataire. 3 typologies et risques d’erreurs : A quel besoin voulez-vous répondre au fond ?
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