Que restera-t-il à négocier dans les entreprises qui décident de bloquer les salaires ? Certaines d’entre elles se sont penchées sur la question.
Épiphénomène ou tendance de fond ? Areva a annoncé, le 13 décembre, lors de la présentation de son plan stratégique, le gel des salaires de l’ensemble de ses collaborateurs en 2012. Les membres du directoire renonceront, eux, à leur bonus au titre de 2011. Air France pourrait lui emboîter le pas. Si “aucune décision n’est encore arrêtée”, selon un porte-parole de la direction, le plan d’économies de la compagnie aérienne, qui sera examiné le 11 janvier prochain, inquiète vivement les organisations syndicales.
“Ces annonces correspondent à des situations très particulières, prévient Philippe Burger, responsable du département rémunération globale au sein du cabinet Deloitte. Areva accuse ses plus lourdes pertes financières depuis dix ans. Et Air France évolue dans un secteur en pleine turbulence.” Ces deux entreprises ne seront certainement pas les seules à faire les frais de la rigueur, et d’autres pourraient leur emboîter le pas.
Mais face au mécontentement attendu, elles réfléchissent à la possibilité d’ “introduire d’autres mesures dans les NAO, tels que le recours à la formation, à des promotions accélérées, à la rémunération variable ou encore la possibilité de flexibiliser le temps de travail”, poursuit l’expert. Soit des “packages” portant non plus seulement sur la rémunération, mais sur la gestion de carrière ou la conciliation vie professionnelle/vie privée. Pas sûr, toutefois, que ces leviers puissent calmer les impatiences des salariés en mal de “cash”.
Anne Bariet
Décembre 2011