Confirmant les tendances observées en cette fin d’année, la dernière étude de l’INSEE portant sur les “salaires dans les entreprises” en 2009 met en évidence l’influence de la crise sur les évolutions salariales, spécialement pour les cadres du secteur financier.
– 5,2 % : la baisse des salaires des cadres financiers en 2009 par rapport à 2008 est suffisamment spectaculaire pour être soulignée par l’INSEE comme “contribuant pour plus de la moitié à la baisse observée” chez l’ensemble des cadres en 2009 par rapport à 2008. La chute de la part variable (estimée à 15 % de la rémunération des cadres tous secteurs confondus) explique cette forte baisse, qui sera probablement confirmée en 2012, au vu du contexte économique et financier.
Baisse des très hauts salaires
À première vue, on pourrait penser que les salaires des ouvriers, ont, eux, progressé de manière significative : le salaire net moyen de cette catégorie de salariés a augmenté en 2009 de 2,1 %. Cependant, souligne l’INSEE, il s’agit d’une hausse “en trompe l’œil”, s’expliquant par la forte baisse de l’emploi intérimaire, majoritairement non qualifié, donc concentrant les rémunérations les plus faibles. “Les salaires moyens des personnes qui ont conservé leur emploi augmentent ainsi mécaniquement.” À l’autre bout de l’échelle, les très hauts salaires (plus de 7 499 euros nets mensuels) ont baissé légèrement de 1,1 %, après avoir connu des augmentations en 2007 (de +2,7 %) et en 2008 (+ 1 %).
Les femmes toujours à la traîne
L’écart salarial entre hommes et femmes, s’il se réduit légèrement, reste cependant assez considérable : une salariée gagne près de 20 % de moins qu’un salarié (contre 20,8 % en 2008). L’écart est toujours plus important chez les cadres, avec un écart de salaire de 23,4 % en défaveur des femmes.
Pour en savoir plus
- Lire notre article : “Augmentations de salaire : les cadres sacrifiés ?”
- Consulter l'étude sur le site de l'INSEE.
Dominique Perez
Décembre 2011