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Salaires : attention au ras-le-bol des salariés !

Après une augmentation moyenne de 2,6 % en 2010, les salaires ne devraient croître que de 2,7 % l’an prochain, selon la dernière étude publiée par le cabinet Hewitt. Une mauvaise nouvelle à l’heure où la rémunération préoccupe de plus en plus les salariés et par ricochet leurs managers.

La période de vaches maigres va continuer. Selon une étude du cabinet Hewitt publiée hier, les salaires ont augmenté de 2,6 % seulement en moyenne en 2010, et ne devraient croître que de 2,7 % l’an prochain. Des budgets bien inférieurs à ceux des dernières décennies (de 3,3 à 3,5 %) (1). « Pour la deuxième année consécutive, les salariés vont devoir se serrer la ceinture. Cela ne va pas être facile à gérer pour les entreprises », prévient Pierre Le Gunéhec, responsable du pôle rémunération globale chez Hewitt France. Alors que certains veulent croire à la sortie de crise, cette annonce d’austérité tombe très mal. Selon Hewitt, seulement un salarié sur cinq (21 %) se dit satisfait de sa rémunération. Désabusés, les salariés risquent de ne plus y croire. Et de lever le pied. Le cabinet d’étude constate d’ailleurs une baisse d’engagement dans une entreprise sur deux.

 

Assumer la rémunération variable. Que faire pour ne pas laisser la morosité gagner ses troupes ? « Utiliser pleinement la rémunération variable », préconise le cabinet. Et assumer. « Si celle-ci s’est généralisée depuis dix ans (70 % des entreprises l’utilisent pour les non-cadres en 2010 contre 20 à 30 % en 2000), elle n’est pas encore assez variable… », affirme Pierre Le Gunéhec. Selon lui, elle ne devrait pas être donnée systématiquement comme c’est souvent le cas, mais véritablement récompenser une performance.

L’erreur à éviter quand les enveloppes diminuent ? Saupoudrer en diminuant la part de chacun, au risque de décourager les plus motivés. Plus facile à dire qu’à faire quand la taille du gâteau diminue chaque année… Autre piste avancée par le spécialiste : aborder la rémunération dans sa globalité. En clair : prendre en compte la mutuelle, le Perco (Plan d’épargne pour la retraite collectif), l’intéressement… « Il faut utiliser l’ensemble des notes du piano et ne pas seulement jouer avec deux touches du clavier », illustre le consultant. Et se fier à l’adage selon lequel la musique adoucit les mœurs.

 

(1)   Selon une enquête réalisée auprès de 153 entreprises.

Nathalie Samson

Septembre 2010

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