Si 2009 a été une année de vaches maigres pour les cadres, 2010 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Telle est la conclusion de l’enquête de la Cegos sur la rémunération des cadres qui table sur une hausse moyenne de 2,4 % l'an prochain. Pire : un quart des entreprises prévoient de diminuer leur masse salariale.
On s’en doutait, et l’enquête (1) de l’Observatoire Cegos sur la rémunération des cadres le confirme : 2009 n’a pas été un bon cru pour les salaires des cadres. Seulement 2,5 % d’augmentation sur l’année, contre 3,6 % en 2008. Fait marquant : plus du tiers (37 %) des cadres n’ont reçu aucune augmentation cette année. Les entreprises privilégient de fait les augmentations individuelles hypersélectives, « qui pourraient devenir une variable d’ajustement en cas de crise durable », note Michel Fourmy, Manager du pôle RH à la Cegos. Concernant les salaires à l’embauche, les plus touchés restent les jeunes diplômés, (+2,3 %), tandis que les cadres expérimentés tirent mieux leur épingle du jeu.
Peut-on espérer mieux l’an prochain ? « Hélas, non ! », répondent les DRH, prévoyant des hausses salariales moyennes de 2,4 % en 2010. Pire : un quart des entreprises interrogées pensent réduire la masse salariale (par plan social, non renouvellement des départs ou restriction des embauches de jeunes cadres). Et les DRH eux-mêmes s’en inquiètent, anticipant des difficultés pour fidéliser les meilleurs et entretenir la motivation des managers.
Et les cadres, eux, qu’en pensent-ils ? Réalistes, ils estiment normal (à 73 %) d’adapter la masse salariale aux résultats de l’entreprise (ce que comptent faire 25 % d’entre elles…). À condition que cela n’empiète pas sur leur pouvoir d’achat (90 % d’entre eux souhaitent avant tout que l’entreprise le maintienne). Même en cas de difficultés de l’entreprise, 89 % des cadres refusent toute réduction de salaire pour sauver leur emploi.
(1) Enquête réalisée en septembre et octobre 2009 par la Cegos auprès de 157 DRH représentant 61 700 cadres et un échantillon représentatif de 600 salariés.
Marie-Pierre Noguès-Ledru
Décembre 2009
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