Bonne nouvelle ! Les entreprises anticipent une hausse globale de 3% de l’enveloppe dédiée aux salaires l'an prochain, selon le cabinet Hewitt-Aon qui a dévoilé de premiers résultats de son enquête (1) le 6 septembre.
Tous les indicateurs sont au beau fixe. « Et malgré la tourmente financière et les incertitudes économiques déjà présentes lors de l’enquête, les entreprises devraient tenir le cap » analyse Ariane de Calbiac, responsable de l’activité conseil en rémunération au sein du cabinet Aon Hewitt France. Après deux ans d’austérité en matière de révisions salariales, les entreprises renouent avec les augmentations. Sous la triple contrainte « de la maitrise des coûts, de la rétention des meilleurs éléments et du maintien du pouvoir d’achat » précise la consultante.
● 3% de hausse globale. C’est un chiffre en nette progression par rapport à celui de 2011 et celui de 2010 qui s’élevaient respectivement à 2,8% et 2,6%. Cependant, ce taux, qui prend en compte les augmentations générales et individuelles envisagées, reste en deçà du niveau d’avant crise, puisqu’en 2008, le budget globale d’augmentation était de 3,3%
● 2,7% d’augmentations individuelles. Là encore, ce chiffre est très positif, puisque l’an passé il ne dépassait pas 2,3%. Ce sont les cadres les plus concernés par ce dispositif sur un marché de l’emploi qui leur redevenu favorable. Les entreprises veulent retenir les talents.
● 1, 9% d’augmentations générales. Celles-ci avaient perdu du terrain avec la crise, l’enveloppe dédié s’élevait à 0,8% seulement en 2010. Mais les augmentations générales reviennent en force : après 1,7% en 2001, la hausse de 1,9% prévue pour 2012, permettra de rendre l’inflation indolore, surtout pour les ouvriers et les employés majoritairement visés par cette distribution (cette catégorie devrait bénéficier d’un mieux de 2,2%)
● 94% des sondés versent des bonus aux cols blancs. La rémunération variable reprend aussi de la vigueur. En 2011, quasi toutes les entreprises du panel versaient de la variable à leurs cadres, contre 70% en 2000. Pour les non cadre, ce taux est de 80% en 2011 contre 20 à 30% en 2000. « C’est une façon de récompenser la performance sans s’engager de façon pérenne » souligne Ariane de Calbiac. Un geste bienvenu alors que, selon Aon Hewitt, le taux d’engagement des salariés s’effrite dans une entreprise sur trois.
Marie-Madeleine Sève
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(1) Enquête menée auprès de 183 entreprises de tout secteur et de toute taille du 1er juillet au 19 août.
Marie-Madeleine Sève
Septembre 2011