Les avis sont unanimes : pour bien réussir sa reprise d'études, mieux vaut en anticiper les conséquences sur le plan professionnel, mais aussi personnel. Nos conseils.
Prévenir son employeur. Prenez rendez-vous avec votre supérieur hiérarchique ou la direction des ressources humaines. Vous pouvez aussi attendre l'entretien professionnel pour faire part de votre envie de reprendre des études. Mais, surtout, parlez-en toujours à votre entreprise pour voir si votre projet peut s'intégrer dans son plan de formation . "Ma société a financé mon parcours de cette manière, témoigne Jean Vergnes, chez Gaz Electricité Grenoble, une PME de 420 personnes. Elle encourage fortement le développement personnel de ses salariés". L'employeur doit "participer", dit la loi du 4 mai 2004, "au développement de leurs compétences". Dans ce cadre, la formation peut se dérouler hors du temps de travail et donner lieu au versement d'une allocation correspondant à la moitié du salaire net du salarié. L'entreprise s'engage à prendre en compte les efforts fournis, en prévoyant par exemple une évolution professionnelle. Vous n'avez aucune envie de discuter avec votre chef, car vous êtes sûr qu'il va vous mettre des bâtons dans les roues ? « Parlez en quand même ! répond Pascal Lefort, responsable de la formation continue à Grenoble École de management. Car, de toute façon, ça va finir par se savoir ! » Et si vos craintes se confirment ? Sachez que votre employeur ne peut pas refuser un CIF : il peut seulement le reporter une fois.
Demander du temps. "Il faut négocier sa disponibilité d'esprit avec l'entreprise, conseille Pierre-Guy Hourquet à l'EDHEC. Sinon, le stress risque d'être fatal au projet." "Trop souvent, l'entreprise demande au salarié de fournir autant de travail en quatre jours qu'en cinq jours, confirme Annick Dubray, responsable du recrutement à l'ESC Lille. Certains sont licenciés en cours de route, parce qu'ils n'arrivent pas à tenir le rythme. En effet, le fait d'être en congé individuel de formation ne protège pas du licenciement. Il faut alors trouver une solution au cas par cas, mais c'est difficile."
En discuter avec sa famille. "J'ai vu des gens exploser en plein vol dans ma promotion, raconte également Jean Vergnes, ancien de l'ESC Grenoble. Ils n'arrivaient plus à concilier la famille, le boulot et l'école." Reprendre une formation est un choix collégial : même les enfants ont leur mot à dire ! La contrainte pèse d'ailleurs souvent plus lourdement sur les femmes. "Elles sont moins disposées à sacrifier leur vie de famille", note Annick Dubray, à l'ESC Lille. "À l'avenir, il faudra peut-être développer une crèche d'entreprise ou une garderie pour les cours du samedi", imagine Pierre-Guy Hourquet, à l'EDHEC.
Bien choisir son école. Votre meilleur outil, c'est le web. Toutes les grandes écoles y présentent leur offre. Apprenez à distinguer entre programmes grandes écoles, mastères spécialisés et autres MBA. Ne vous focalisez pas sur le prestige de l'établissement : le premier critère de choix, c'est votre projet professionnel. Le diplôme n'est pas une fin en soi, mais un moyen.
Discuter avec d'anciens diplômés. Certaines écoles vous invitent à discuter avec leurs anciens. L'occasion de voir l'envers du décor.
Assister à un cours. La plupart des écoles, à l'image de l'EDHEC, invite le salarié à assister à une journée de cours. Les Mines de Douai impose même un "galop d'essai" : un premier module à distance qui permet de mesurer l'effort demandé.
Vous vous posez des questions sur le choix de votre formation... Venez échanger sur notre forum
Sylvain Marcelli
Février 2007