Comment réussir sa formation à temps partiel ? Muriel Jougleux, maître de conférences en sciences de gestion, responsable du master « marketing et production de services » à l’université de Marne-la-Vallée, livre ses conseils.
Mesurer l’impact sur son quotidien. Pour ne pas se laisser déborder, il est indispensable de prendre conscience de la charge de travail réelle en amont de sa démarche. Les cursus dispensés à l’université n’ont rien à voir avec la formation continue en entreprise. Ils exigent plus de temps et d’énergie. Le salarié doit choisir pour se former une période adaptée, tant au niveau personnel que professionnel.
Fournir un travail régulier. Peu importe son rythme de formation (un ou deux jours par semaine, une semaine bloquée par mois, huit heures par semaine en cours du soir ou le samedi). Il est essentiel de consacrer au moins une demi-journée le week-end (environ cinq heures) au travail personnel. Cette plage horaire a l’avantage de ne pas trop empiéter sur la vie personnelle et permet de se pencher sur ses cours à tête reposée. Pour moi, il n’y a pas de rythme idéal, bien qu’il me semble plus judicieux de se former sur son temps de travail plutôt qu’en dehors. Le soir ou le samedi, les étudiants sont moins disponibles, fatigués de leur journée ou de leur semaine.
Se faire aider. Retourner sur les bancs de la fac n’est pas évident. Se remettre dans une logique universitaire de travail prend encore plus de temps lorsqu’on se forme par intermittence. N’hésitez pas à vous tourner vers les équipes pédagogiques. Elles peuvent vous conseiller sur des méthodes de travail ou vous aider à régler des problèmes d’organisation. Lorsque les cours mêlent des profils de formation continue et de formation initiale, prenez modèle sur les étudiants.
Utiliser les nouvelles technologies. En formation à temps partiel, le travail de groupe est parfois un vrai problème. Il faut jongler avec les contraintes non seulement professionnelles, mais aussi personnelles de ses partenaires. Pour faciliter la démarche, je crois beaucoup au campus numérique, c'est-à-dire à l’utilisation de l’e-mail, du chat, des forums, des bases de données partagées. L’outil informatique offre une vraie solution au problème de regroupement physique.
Condition sine qua none de réussite : l’entreprise doit être partie prenante. Il est indispensable que celle-ci accepte de réduire la charge de travail du salarié. Sinon, c’est du gâchis ! Une personne qui, par exemple, consacre deux jours par semaine à la formation ne doit pas effectuer en trois jours la même somme de travail qu’à temps plein. Elle sera vite débordée et ne pourra plus accorder l’attention et la disponibilité que réclame son cursus (lectures préparatoires, maturation des cours, travail personnel…).
Penser à la validation des acquis. De nombreux salariés se dissuadent de se former de peur de reprendre leurs études. Or, pour certains, la validation des acquis de l’expérience, en les dispensant de certains cours, permettrait de raccourcir leurs cursus de formation et, de fait, allégerait leur charge de travail. Un vrai gain de temps !
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Propos recueillis par Sylvie Tournier
Septembre 2006