Acquérir un diplôme ou un titre dans une grande école peut être un sésame pour accéder aux fonctions de management, ou être reconnu comme cadre. La démarche est souvent gagnante, mais aussi très exigeante. Témoignages.
Après un BTS assistant ingénieur et un DEUG de maths, Nasica Pasquin est embauché chez France Télécom sur un poste de technicien, qu'il occupe pendant dix ans. « En 1998, j'ai voulu me mettre à la page des évolutions technologiques liées au développement de l'ADSL pour évoluer vers un poste à responsabilités », témoigne-t-il. Il s'inscrit dans le mastère spécialisé réseaux de Télécom Paris en novembre de la même année. Calcul payant : depuis l'obtention du diplôme, ce quadragénaire n'a pas eu le temps de souffler. « Le 1er décembre, le directeur régional me convoque. Le 1er janvier, je suis muté à Ajaccio sur un poste de cadre supérieur. Aujourd'hui, après avoir changé trois fois de poste, je suis responsable d'un département d'une unité d'intervention. J'encadre une trentaine de personnes. »
Intégrer une grande école en formation continue peut permettre de donner un coup d'accélérateur à sa vie professionnelle. Avec un bac + 5, les responsabilités augmentent souvent, le salaire aussi. « Pour moi, réussir le programme "Formacadres" de l'ESC Grenoble était le couronnement de 25 ans de carrière, raconte Jean Vergnes, 46 ans. Et mon patron m'a répondu que ce n'était qu'un commencement ! » Et si l'employeur refuse de reconnaître l'effort consenti, il sera plus aisé d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte ! Car la reprise d'études permet aussi de faire le point sur ses aspirations personnelles et professionnelles, de se projeter dans cinq, dix ou quinze ans et de gagner en assurance.
Alexis de la Rupelle, 29 ans, titulaire d'un BTS Assurance, se sentait également à l'étroit. En deux ans, le programme Perspectives de l'ESC Tours-Poitiers, de niveau bac + 5, lui a donné une nouvelle envergure. « J'ai sorti le nez des dossiers, explique ce jeune directeur d'une agence bancaire à la Société Générale. J'ai maintenant une vision du développement commercial de mon agence, en cohérence avec la politique de groupe de la Société Générale. »
Pour séduire les salariés, les écoles de commerce, mais aussi d'ingénieurs, misent sur le développement des compétences managériales. « Nous ne fabriquons pas des techniciens, mais des managers qui ont une vision transversale des fonctions de l'entreprise, explique Pierre-Guy Hourquet, directeur d'Edhec Executive. Nous cherchons à développer le potentiel de chacun. » La formation vaut transformation et révélation. Au point que l'on peut changer l'image que l'on a de soi-même. « Avec une VAE, j'aurais validé mon expérience, mais je ne serais pas sorti grandi», estime ainsi Frédéric Bocquet, 34 ans, à l'origine titulaire d'un DUT en génie mécanique et productique, qui a obtenu le titre d'ingénieur à l'Ecole des Mines de Douai en formation continue à distance. « J'ai pris du recul. Je suis plus sûr de moi ! » Le programme Grande École en formation continue de l'ESC Lille (bac + 5) a aussi donné de l'assurance à David Fléchel, diplômé en 2005 : « J'ai acquis des compétences et des outils que je peux utiliser à n'importe quel poste. » En devenant acheteur chez Arc International, ce trentenaire a obtenu le statut cadre : un bond en avant impossible avec son DUT technique de commercialisation option achats obtenu en formation initiale.
Vous vous posez des questions sur le choix de votre formation... Venez échanger sur notre forum
Sylvain Marcelli
Février 2007