Si vous êtes salarié, deux possibilités se présentent : essayer d’obtenir un financement dans le cadre du plan de formation de l’entreprise ou faire une demande de congé individuel de formation. Les conseils de Caroline Hoflack, chargée de mission au Fongecif Pays de la Loire.
Pour obtenir un financement par l’entreprise, vous devez convaincre l’employeur du bien-fondé de votre demande, et affûtez pour cela vos arguments. L’entreprise acceptera plus facilement si elle y voit un intérêt : il vous faudra notamment expliquer l’apport de cette formation sur vos compétences. Le fait qu’elle se fasse à temps partiel et qu’il ne soit pas nécessaire de vous remplacer peut constituer un « plus », notamment dans les PME. Mais il vous faudra aussi tenir compte de ses contraintes pour vous organiser.
Vous pouvez aussi demander la prise en charge d’une formation à temps partiel dans le cadre d’un congé individuel de formation (CIF). « L’examen du dossier est le même que pour une formation à temps plein, précise Caroline Hoflack, chargée de mission au Fongecif Pays de la Loire. L’essentiel demeure le projet professionnel du salarié. »
Regarder la durée totale. Avant de vous lancer, regardez la durée totale de la formation : un cursus à temps partiel peut s’étaler sur deux ans et représenter la même durée qu’une formation à temps plein… « De fait, les anciens titulaires d’un contrat à durée déterminée n’ont pas véritablement intérêt à choisir cette modalité dans le cadre du CIF, souligne Caroline Hoflack. Le financement obtenu par le Fongecif sera sans doute insuffisant ; ils devront demander un complément à l’Assedic, ce qui n’est pas forcément simple. Un cursus à temps plein leur permettra d’accéder plus vite à un diplôme. »
Une charge de travail importante. L’exemple de Pierre en dit long. « Pour ne pas se mettre en danger, et garder un pied et un œil dans l’entreprise », ce cadre commercial a opté pour un master en ressources humaines, à raison de quatre jours par mois, financé grâce à un CIF. Il négocie donc une absence d’un jour et demi par mois pendant un an et prend le reste du temps de formation à sa charge sur ses RTT et ses congés payés. Le hic : ses objectifs ne sont pas revus à la baisse. « Ma hiérarchie a refusé de ventiler mes clients sur les autres commerciaux. J’allais donc devoir fournir autant de travail que lorsque j’étais à temps plein, mais sur la base d’un 4/5 ! J’ai pris le risque, sachant que mon salaire variable allait peut-être être affecté. J’ai finalement réussi à maintenir le chiffre d’affaires en faisant le choix de ne pas développer mon portefeuille clients. Mais j’ai bien failli craquer. » Ainsi, Pierre avoue avoir jonglé entre ses cours et ses clients qu’il appelle de la fac pendant ses pauses.
Prendre en compte les contraintes de l'entreprise. « Négocier avec son employeur avant le départ en formation est primordial », insiste Caroline Hoflack. Votre charge de travail sera-t-elle diminuée ? A-t-il une solution pour pallier vos absences ? Il va devoir s’organiser. Si votre souhait est d’évoluer dans l’entreprise, mieux vaut en discuter avec lui avant d’entamer vos démarches. Dans le cadre d’une reconversion, quitte à demander une autorisation d’absence à l’employeur, autant le faire sur une formation à temps plein. « C’est souvent plus simple », reconnaît la conseillère.
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Nathalie Samson
Septembre 2006