A mi-chemin entre le cursus à temps plein et le cours à distance, la formation à temps partiel permet de conserver son activité professionnelle en adaptant son rythme d’apprentissage. Mais opter pour cette formule de formation suppose une disponibilité et une motivation sans faille. Témoignages.
Un jour ou deux par semaine, pendant trois mois, six mois ou deux ans… Les formations à temps partiel permettent d’abord de choisir son rythme. C’est bien évidemment le premier avantage de la formule. Frédéric Grandjacquet s’est ainsi rendu tous les lundis pendant trois mois au Centre permanent informatique, antenne du Greta tertiaire du Rhône, pour suivre sa formation de « Web développeur » : « J’ai pu lisser ma charge de travail le reste de la semaine en arrivant plus tôt certains matins ou en partant plus tard certains soirs. » Un principe qui peut permettre, d’une manière plus souple et sans doute moins exigeante qu’en cours du soir, d’envisager de préparer un diplôme, particulièrement dans le cas d’une évolution de carrière. En étant encore présent, on peut rester en phase avec les opportunités de son entreprise. Frédéric Constant vient ainsi de terminer le programme ESC de Bordeaux Ecole de management, en se formant à raison de cinq jours par mois. Agé de 30 ans, titulaire d’un DUT en logistique, responsable des expéditions de l’agence de Brive-la-Gaillarde de TFE, une entreprise de transport, il explique que cette possibilité lui a donné une « véritable bouffée d’oxygène. Je ressentais le besoin d’élargir mes compétences, d’obtenir un niveau bac + 5 pour évoluer vers une fonction transversale dans mon entreprise, par exemple le contrôle de gestion ou un poste de directeur adjoint ». Une formation diplômante généraliste offre davantage cette opportunité qu’une qualification spécialisée dans son domaine.
« Un retour sur investissement »
Relier l’intérêt de l’entreprise et le sien propre est la meilleure garantie de réussite, à la fois pour obtenir un financement de sa formation par son entreprise (lire à ce sujet : « Comment financer une formation à temps partiel ? ») et ne pas perdre de vue son intérêt professionnel. Ce lien constant a séduit Danielle, âgée de 56 ans, devenue chef de projet marketing après dix années passées dans le département commercial d’une entreprise de transport public. Elle suit, sur un rythme d’un jour par semaine sur six mois, le parcours dédié aux cadres de la fonction publique du master « marketing et production de services » de l’université de Marne-la-Vallée. « Avec le temps partiel, on voit très vite le retour sur investissement, puisqu’on met en pratique presque immédiatement le contenu des enseignements. L’avantage est, d’une part, d’arriver en cours avec des questions liées à notre activité, d’autre part, de pouvoir réaliser dans le cadre du mémoire un travail adapté à nos problématiques professionnelles. J’ai choisi de mener une étude marketing sur un nouveau produit dont je suis responsable. A la fin du cursus, lors de la soutenance, j’aurai l’opportunité de la présenter à ma direction générale. C’est une vraie valeur ajoutée dans mon parcours. »
Un nouveau rythme à adopter
Les formations à temps partiel supposent malgré tout une double vie qui n’est pas si simple à assumer. Passer d’un registre à l’autre, d’une part entre ses cours théoriques et son poste de travail, d’autre part avec sa vie personnelle, demande une certaine adaptabilité... Satisfaite de sa formation suivie à ESC de Bordeaux Ecole de management, Valérie Sibio, 37 ans, ancienne responsable formation et recrutement de la société Parquets Marty, située dans le Lot-et-Garonne, admet que ces allers et retours n’ont pas toujours été faciles à gérer. « Ce n’était pas évident de se déconnecter de ses responsabilités professionnelles en arrivant en formation, et vice versa. La première journée, nous perdions certainement du temps : au travail, nous étions moins opérationnels. Tous les quinze jours, je parcourais 180 kilomètres pour rejoindre Bordeaux. Mais finalement, avec le recul, je pense que ces déplacements, coûteux en temps, m’ont permis de mieux m’immerger dans la formation. Le soir, à l’hôtel ou à l’école (ouverte jusqu’à 23 heures), je pouvais assimiler tranquillement les enseignements du jour. Ce qui est moins facile lorsqu’on rentre chez soi le soir. »
Autre élément à anticiper, surtout quand on a des responsabilités d’encadrement : le choc du « retour à l’école ». Il ne s’agit en effet généralement pas de suivre un stage court de formation continue, mais de préparer un diplôme dans des conditions qui ressemblent finalement à celles d’une formation initiale, tout au moins au moment des examens… Pour Yvonne, 50 ans, directrice des ressources humaines préparant à temps partiel un master « marketing et production de services » à l’université de Marne-la-Vallée, le pas a été difficile à franchir. « La logique d’évaluation ne me semblait pas toujours nécessaire au départ. Or il faut se forcer à assimiler le contenu des cours et à rendre un travail dans le temps imparti. Lors d’un devoir sur table, on s’aperçoit que l’on a perdu l’habitude de se concentrer sur commande pendant trois heures. Etre seule devant sa feuille blanche, sans document et en connaissant son cours par cœur, n’est pas une démarche naturelle à 50 ans. »
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Sylvie Tournier
Septembre 2006