Un CIF (congé individuel de formation) pour changer de vie ? C’est le choix que font une majorité de salariés, d’après l’OTP (Observatoire des transitions professionnelles) qui vient de rendre public le résultat d’une enquête auprès de ses bénéficiaires.
Majoritairement, les salariés qui s’engagent dans un CIF (congé individuel de formation) visent un changement d’activité plutôt qu’une montée en qualification. C’est l’une des constatations du tout nouvel OTP (Observatoire des transitions professionnelles), créé par sept Fongecif*, qui a enquêté depuis 2009 auprès de 40.607 salariés ayant bénéficié d’un CIF. Il s’agit de la seconde étude de l’Observatoire, publiée ce mois de juillet 2012.
Comment s’effectuent les transitions ?
L’OTP propose une double démarche, quantitative et qualitative, pour étudier les transitions. Les informations analysées portent sur le profil des salariés, leur environnement professionnel d’origine et la formation suivie, ainsi que le parcours réalisé avec le Fongecif. Cette étude décrit le passage de l’emploi d’origine à la formation. “La prochaine, actuellement en cours, se concentrera sur le devenir des salariés après la formation”, précise Frédérique Dorgère, coordonnatrice de l’enquête.
Le CIF profite d’abord aux salariés des PME
La vocation des Fongecif est d’accompagner les transitions des salariés les plus fragiles dans l’emploi et ceux qui ont une probabilité plus faible d’évoluer dans leur entreprise ou d’avoir recours à une formation. C’est le cas notamment des salariés de PME. Double objectif atteint : 70 % des 40.607 bénéficiaires de CIF interrogés sont issus d’une PME, contre 49 % des bénéficiaires en France, et 41 % ont au mieux un BEP (niveau V et VI).
Changer d’activité
En moyenne, les bénéficiaires affichent quatorze ans d’ancienneté professionnelle au moment d’entrer en formation. En s’engageant dans cette démarche, 81 % recherchaient un changement de domaine de compétences ; 36 % aspiraient en plus à augmenter leur niveau de diplôme. La moitié des salariés provient de trois secteurs d’activité : le commerce, la réparation automobile et domestique, l’industrie manufacturière, le transport et l’entreposage. Trois spécialités de formation sont plus souvent sollicitées : le transport, la manutention et le magasinage (20 %) ; la santé (8 %) ; le travail social (6 %). La durée moyenne d’un parcours est de douze mois.
La preuve par l’exemple
Le volet qualitatif de l’étude est constitué de 25 fiches métiers élaborées à partir d’entretiens avec des salariés, mettant en évidence leurs parcours, consultables par les candidats au CIF dans les Fongecif. Pour Philippe Dole, inspecteur général des affaires sociales, responsable du programme de déploiement du CSP (contrat de sécurisation professionnelle) à la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), à l’origine de la création de l’OTP, “ce travail d’observatoire était nécessaire pour aider à la décision. Désormais, nous disposons d’un outil, une sorte de ‘GPS’ de la transition, et de l’expertise des Fongecif en termes d’accompagnement.”
* Alsace, Bretagne, Centre, Île-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes.
Valérie Grasset-Morel
Juillet 2012