La situation. « Je suis actuellement une formation professionnelle (spécialisation infirmière en bloc opératoire) financée partiellement par le Fongecif, relate Martine*. Le hic : la durée de prise en charge est de douze mois, alors que la formation s’étale sur dix-huit mois. Je recherche donc, à compter de septembre, un financement complémentaire de six mois pour achever ma formation. Sinon, je devrais l'interrompre. À qui m'adresser ? Existe-t-il un organisme prenant en charge la globalité de la formation continue pour les salariés ? »
Les conseils de Thierry Lefort, directeur du Fongecif Basse-Normandie.
Faire une demande de recours gracieux. Il faut dans un premier temps (si ce n'est déjà fait) reprendre contact avec le Fongecif qui a financé le projet, et éventuellement son conseiller si elle a été reçue individuellement. Le recours peut être fait à tout moment mais ce n’est pas la situation à privilégier. La commission ayant déjà statué sur ce dossier, elle va avoir le sentiment d’avoir le couteau sur la gorge (« Vous me financez ou j’arrête »). Ce n’est pas une motivation suffisante pour obtenir gain de cause.
Cette situation était en outre prévisible. La durée de prise en charge était connue dès l’acceptation du dossier par le Fongecif. Si le financement de douze mois n’était pas suffisant, il aurait été plus prudent dès ce moment d’exercer un recours pour lui demander un financement sur dix-huit mois.
La durée limite du CIF est de 12 mois. L’employeur n’est donc pas tenu d’accorder aune autorisation d’absence allant au-delà, et le Fongecif ne peut la financer que s’il a obtenu des subventions complémentaires (Région, FSE notamment). Une solution, si l’engagement financier total ne peut être revu, consiste à « étaler » le montant accordé sur une durée plus longue, et de ce fait réduire à due proportion le salaire mensuel (dans le cas de Martine, 12/18èmes).
Trouver des financements complémentaires. L’autre possibilité consiste à rechercher avec son entreprise des moyens pour compléter la prise en charge du Fongecif via le plan de formation ou une période de professionnalisation par exemple. C’est encore possible, même si, là encore, il aurait mieux valu faire sa demande avant d’entamer la formation.
Demander un prêt. Elle peut enfin envisager un prêt étudiant (fréquent pour les formation très coûteuses) lui permettant de ne rembourser les frais engagés qu'une fois la formation terminée (elle aura à ce moment une amélioration substantielle de son niveau de rémunération). Il faut considérer les six mois restants comme un investissement.
Dernière possibilité : si la situation est très difficile, elle peut demander une aide à la région ou au centre communal d’action sociale. Mais tout dépend de son lieu d’habitation.
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Nathalie Samson
Mars 2009