Les ressources humaines étaient présentes cette année au Creusot, dans plusieurs catégories. Dans une programmation très éclectique, quelques productions sortaient du lot, concernant notamment le mal-être au travail.
Pour la première fois, le festival international des medias audiovisuels corporate (FIMAC) organisé au Creusot à la mi-juin a ajouté dans son programme une catégorie « formation ».Une façon de prendre le relais du festival de Biarritz, qui était uniquement consacré à ce thème et qui a fermé ses portes depuis plus de dix ans : « jusqu’alors, ces films étaient présentés dans la catégorie communication interne, explique Georges Pessis, responsable du festival. Mais nous avons estimé que c’était injuste, car il s’agit de films qui doivent ouvrir à la discussion. Les résultats purement cinématographiques sont souvent décevants. Ils ne remportaient donc pas de prix. Nous jugeons autant le programme de formation que le film lui-même. »
Quand l'entreprise investit la sphère privée
Les problématiques de ressources humaines étaient également à l’honneur dans d’autres catégories. Deux films sur le stress au travail ont d’ailleurs été primés. « J’ai très mal au travail » produit par Grains de Sable, et commandité par le Ministère du travail ( 90 minutes), s’appuyant sur des témoignages de salariés cadres et non cadres et des éclairages d’experts, décrit et décrypte la souffrance de salariés dans les services ou dans l’industrie. Le constat est sévère : Paul Ariès, politologue, explique comment le Taylorisme, puis le Fordisme, ont laissé la place à un management « affectif » qui est tout aussi pervers, et comment on est passé d’une souffrance physique au travail à une souffrance psychique. La montée de l’individualisation du travail a sapé les valeurs d’entraide de la culture ouvrière, au profit d’une idéologie managériale dominante. L’entreprise investit de plus en plus la sphère privée, de manière pernicieuse : ainsi, les salariés de Dassault Aviation créent spontanément une comédie musicale en l’honneur de leur entreprise, en y consacrant soirs et week-ends, des salariés de Nike se font tatouer à l’effigie de leur société, d’autres portent des bracelets brésiliens au nom de leur entreprise…
Dans une autre catégorie, mais sur le même sujet, l’INRS présentait trois courts métrages pour prévenir le stress au travail, en mettant à mal quelques idées reçues ; « le stress peut avoir des effets bénéfiques sur la productivité des salariés », « c’est un phénomène contre lequel il n’est pas possible de lutter », « il est lié à une défaillance individuelle ». Une production qui, elle aussi, a touché le jury et a remporté le prix ressources humaines.
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Dominique Perez et Nathalie Samson
Juin 2007