Que devient le DIF en cas de rupture conventionnelle du contrat de travail ?

Maï Le Prat, avocate en droit social, cabinet Verdier Le Prat Avocats

La question n’étant pas traitée dans la loi du 25 juin 2008, faut-il se baser sur les modalités de transfert du DIF en cas de démission ou de licenciement ? Pas si sûr. L’analyse et les conseils de Maï Le Prat, avocate en droit social.

Le Droit individuel à la formation (DIF) est un dispositif en vigueur depuis la loi n°2004-391 du mai 2004. Il permet au salarié en contrat à durée indéterminée de cumuler chaque année 20 heures de formation cumulables pendant six ans.
Lorsqu’il souhaite mettre en œuvre ses DIF, le salarié demande l’accord de l’employeur sur la formation envisagée.
La question du sort des DIF en cas de rupture du contrat de travail se pose naturellement puisque le salarié peut avoir accumuler de nombreuses heures au moment où il quitte l’entreprise.


En effet, que devient le DIF lorsque le salarié est licencié ou que ce dernier démissionne ?

Le Code du travail dispose que la lettre de licenciement doit informer le salarié du nombre d’heures de DIF qu’il a accumulées. Dans ce cadre, avant l’expiration du délai de préavis, le salarié peut demander à l’employeur d’utiliser les heures de DIF dans le cadre d’une action de bilan de compétence, de validation des acquis de l’expérience ou de formation (article L. 6323-18 du Code du travail).

De même, lorsque le salarié démissionne, il peut demander à l’employeur de bénéficier de ses droits au DIF. Toutefois, le Code du travail précise que l’action de bilan de compétence, de validation des acquis de l’expérience ou de formation doit être engagée avant la fin du préavis.


Quid de la rupture conventionnelle ?


La loi n°2008-596 du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail a instauré un nouveau mode de rupture du contrat de travail : la rupture conventionnelle (article L. 1237-11 du Code du travail).

Le salarié et l’employeur peuvent donc convenir de la rupture du contrat de travail sous réserve de l’homologation de la convention de rupture par la DDTEFP (Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle).

Le Code du travail est muet sur le sort du DIF en cas de rupture conventionnelle du contrat de travail. Une interprétation défavorable au salarié pourrait donc exclure tout droit au DIF dans cette hypothèse.

L’article 1237-13 précise tout de même que « la convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ».

Il est donc conseillé au salarié qui souhaite bénéficier de ses droits au DIF à l’occasion de la rupture conventionnelle de son contrat de le préciser dans la convention de rupture amiable.

Il peut ainsi être précisé que le salarié souhaite bénéficier de ses droits acquis au DIF, ce que l’employeur accepte. Dans ce cadre, les parties peuvent convenir d’une date limite d’exercice du DIF. Il convient en effet de rappeler que la rupture conventionnelle du contrat de travail n’implique pas le respect d’un préavis. Par conséquent, il n’est pas possible de raisonner par analogie avec les règles relatives à l’exercice du DIF en cas de démission ou de licenciement.

Une autre hypothèse pourrait consister en l’intégration de la valorisation des DIF acquis dans l’indemnité de rupture conventionnelle prévue par les parties. Afin de valoriser ces droits, il conviendrait alors de se rapporter à 50 % du salaire horaire net perçu par le salarié avant la rupture de son contrat de travail.

Mai 2009

Aller plus loin

Commentaires

  • RODNEY - 25-02-10 15:14

    Bonjour,
    question relative au récent décret (décret n° 2010-64 du 18 janvier 2010)

    je quitte mon entreprise le 5 mars prochain dans le cadre d'une rupture conventionnelle.

    sur le certificat de travail donné au salarié lors de son départ de l'entreprise, l'employeur à désormais l’obligation de mentionner le solde du nombre d’heures acquises au titre du DIF et la somme correspondante à ce solde.

    après le 5 mars, quand je serai demandeur d'emploi, est ce que mon ancien employeur poura refuser de payer à l’organisme collecteur agréé une formation dont je serai demandeur?
    dans l'attente,

  • pascal - 06-10-09 18:14

    Bonjour .je suis en rupture conventionnelle de mon contrat qui etait en cdi.La rupture prend fin le 18 octobre.il me reste 35h de DIF ,et je voudrais faire une formation .Les heures de DIF n'ont pas ete mentionnées sur la convention ,La FAFI refuse de payer la formation ,sur quelle loie s'appuit il pour ce refus ?si j'insiste aupres deux aurai'je des chances qu'ils prenent la formation en charge.

  • LEPERLIER - 18-08-09 04:53

    je suis salarié d'une entreprise du privée je travaille depuis 12 ans dans cette entreprise je compte demander a mon employeur la démission de mon contrat pour plus tard me reconvertir dans un autre métier quel sont mes droit lors de cette rupture du a une reconversion car j'aimerais utilisé mon DIF avant , car il me faut un agrément certifié pour ce diplome pour que je puisse ouvrir ma boite et comment dois-je m'y prendre pour cette démarche et comment négocier son départ merçi de votre aide Harry de l'ile de la REUNION

  • ROGUET - 14-08-09 09:38

    J'ai eu une rupture conventionnelle, qui comprenait un package de 60 000 euros : 42 000 euros, en chèque ; 8 000 euros de bureau d'outplacement ; 10 000 euros de formations.
    J'ai touché mon chèque de 42 000 euros, fait pour 4 000 euros de formation ; mais ayant trouvé un nouvel emploi, j'ai du annuler le reste des formations et le bureau d'outplacement.
    Mon ancien employeur se refuse à me régler le montant des formations annulées et du bureau d'outplacement.
    En a t'il le droit ?

  • HECHT - 08-07-09 20:56

    Je ne saurais que conseiller à BAWART de se faire aider dans cette situation notamment par un syndicat ou un avocat. L'idée est de ne prendre aucune initiative qui pourrait vous être défavorable à terme.

    Courage.

  • BAWART - 07-06-09 02:53

    Tapez votre texte ici...Je travaille depuis 12 ans dans société de ma région. Mon chef directe, affiche souvent en ma personne une attude segrégationniste. Cette année econre, il est intervenu pour la énième fois auprès directeur de la société pour demander mon départ. Ous son influence, le directeur m' a convoqué pour me proposer une séparation à l'amiable. Malgré mes 50 ans d'âge, je suis certain que continuer avec eux, ne résoudrait pas le ma situation tant que cette personne serait toujours là. Ainsi, avant de lui donner ma réponse, je voudrais venir auprès de vous, demander des conseils sur les démarche à entreprendre après rupture, et surtout consernant mes droits auprès des ASSEDIC.
    Merci pour vos conceils.

  • Philippe Bernier - 27-05-09 10:56

    triater le DIF sous le prisme d\'un équivalent DIF licenciement en lui proposant une valorisation de l\'allocation formation intégré dans ses indemnités n\'est nullement à l\'avantage du salarié et encore moins dans l\'intérêt de l\'entreprise
    le mieux reste de traiter le DIF sous l\'angle de la logique du DIF Démission : il fera ainsi l\'objet d\'une négociation intégrable dans la convention de rupture à l\'amiable. cela permet d\'une part de démontrer d\'un vrai enchange entre emploeyur et salarié, d\'autre de ne pas faire perdre au salarié le bénéficie de la prise en charge des frais pédagogiques avec une formation démarrant avant le départ du salarié et se poursuivant le cas échéant après son départ.

    En l\'absence de textes plus explicites, cette approche est la moins conflictuelle.

    A noter enfin, que la portabilité du DIF réglera - en partie - le sujet puisque, en cas de départ de l\'entreprise - ce n\'est plus le salarié qui sera détenteur du DIF (et le risque de perdre son compteur en perdant son statut de salariat) mais l\'individu et ce qu\'il soit salarié dans une autre entreprise ou demandeur d\'emploi (pour les explication, nous vous renvoyons à l\'ANI de janvier 2009 et le projet de loi sur la reforme de la formation.

  • Dodo - 27-05-09 10:54

    Si le montant de l\'allocation du DIF est intégré dans le montant de l\'indemnité spécifique, l\'ASSEDIC est en droit de fixer un délai de carence équivalent au montant qui dépasse le plancher de l\'indemnité spécifique. Même si les sommes ne sont pas importantes, le salarié peut perdre ce qu\'il a cru gagner en demandant un DIF intégré à l\'indemnité spécifique.
    Le salarié a tout intérêt à demander le versement du DIF indépendamment de l\'indemnité spécifique.

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