Pour Christophe Parmentier, directeur de Clava, cabinet de conseil des acteurs de la formation, les salariés doivent prendre les devants. Cela permet de valider son projet, de voir s’il est en phase avec les plans de l’entreprise concernant sa propre évolution.
Beaucoup de salariés s’interrogent sur le DIF, faut-il consommer ou épargner ses droits ?
Il n’y a pas une seule réponse. Cela dépend de son projet. Pour ceux qui n’ont pas d’idée précise, le DIF peut d’ailleurs être utilisé pour faire un bilan de compétences. L’attitude des salariés dépend également de l’entreprise dans laquelle ils se trouvent. Si on est dans un secteur avec un fort turnover, mieux vaut consommer, car les droits ne sont pas transférables d’une entreprise à une autre. Si on a des envies d’évolution professionnelle, on peut bénéficier du DIF pour se reconvertir en le combinant avec d’autres dispositifs comme le CIF ou une démarche VAE (validation des acquis de l’expérience). Dans tous les cas, même s’il souhaite cumuler ses droits, le salarié a intérêt à faire connaître ses objectifs à son employeur.
Pourquoi informer son employeur ?
Prendre les devants permet de valider son projet, de voir s’il est en phase avec les plans de l’entreprise concernant sa propre évolution. S’il n’y a pas de répondant, le salarié saura ainsi à quoi s’en tenir. Il pourra alors, soit revoir ses objectifs et donc sa façon d’utiliser son DIF, soit négocier d’utiliser ses heures pour réaliser son projet. En sachant qu’il ne le concrétisera pas forcément en interne. La question d’aider les salariés à évoluer à l’extérieur de l’entreprise n’est plus un sujet tabou pour nombre de sociétés.
Comment négocier avec son employeur, sachant que celui-ci peut refuser les demandes si elles ne sont pas en phase avec sa stratégie ?
Une fois que l’on a déterminé son projet, il est utile de se demander en quoi celui-ci peut intéresser son employeur. Il faut se renseigner sur la politique de l’entreprise en matière de ressources humaines, analyser les informations données à l’occasion des entretiens annuels d’évaluation. Le DIF doit permettre aux salariés de proposer au lieu de subir, sur la base d’un échange gagnant-gagnant.
(1) Éditions d’Organisation, 2005.
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Propos recueillis par Laurence Estival
Mai 2007
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