« Le DIF ne s'use que si on ne s'en sert pas »

Marc Dennery dirige C-Campus, une société de conseil spécialisée dans la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle. Il est l'auteur de "DIF et professionnalisation, comment adapter l'offre de formation" (ESF Éditeur, 203 pages, 23 euros).

Face au DIF, vaut-il mieux jouer à la cigale ou à la fourmi ? En cumulant les heures acquises, le salarié peut partir plus longtemps en formation…

Le DIF ne s'use que si on ne s'en sert pas. Après la sixième année à temps plein, au-delà de 120 heures, le salarié ne capitalise plus d'heures. Il me paraît plus intéressant de prendre régulièrement son DIF, en ayant construit un projet de développement des compétences sur plusieurs années. Un salarié peut par exemple partir deux jours en formation chaque année pour se remettre à jour en anglais.

Mais vingt ou quarante heures, n'est-ce pas un peu court pour apprendre ?
Si vous n'avez jamais touché l'informatique, une formation de 40 heures permet de dégrossir un certain nombre de connaissances. De plus, il ne faut pas penser le DIF tout seul. Le salarié peut demander à l'employeur de compléter le DIF par le plan de formation ou la période de professionnalisation. Il apporte un capital de départ et l'entreprise peut lui accorder un complément de crédit. La formation peut alors être plus longue.

Certains salariés craignent que leur demande de formation ne soit interprétée comme un manque de motivation au travail…
C'est totalement l'inverse. Le DIF est un révélateur du taux d'implication du salarié pour les entreprises.

Comment trouver les arguments qui portent ?
Il faut rassurer l'employeur sur votre projet professionnel. Lui dire que vous avez envie de rester dans l'entreprise et que la formation demandée permettra un accroissement de la performance de votre travail quotidien. Par ailleurs, il faut rester dans des coûts raisonnables, environ 30 euros de l'heure, lorsqu'on choisit l'organisme de formation.

Pourquoi le DIF peine-t-il à décoller ?
Depuis trente ans, les employeurs faisaient la pluie et le beau temps sur la formation. Pour la première fois, le salarié dispose du pouvoir d'initiative. C'est un changement de mentalité radicale.

(1) DIF et professionnalisation, comment adapter l'offre de formation, ESF Éditeur, 203 pages, 23 euros.

 

Vous vous posez des questions sur le DIF, vous cherchez un conseil... Venez échanger sur le forum.

Propos recueillis par Sylvain Marcelli.

Décembre 2006

Haut de page

Pour se former.fr en 1 clic !

Pour se former.fr en 1 clic !