À l’heure où les salariés se montrent motivés pour se former et comptent employer leur DIF pour se professionnaliser voire acquérir un diplôme, les DRH sont partagés sur les bienfaits des dispositifs de la réforme de la formation professionnelle. Attention à la désillusion.
Pessimisme. Plus les DRH mettent en place les mesures issues de la loi du 4 mai 2004, moins ils semblent y croire. Tel est le constat du dernier baromètre de la Cegos sur la Réforme de la formation professionnelle. Alors qu’en 2003, ils étaient huit sur dix à penser que la réforme et le DIF (Droit individuel à la formation) allaient favoriser le développement des compétences tout au long de la vie, quatre ans plus tard, il ne sont plus que 69 % à partager cet avis. Pire, ils ne sont maintenant plus qu’un sur trois à penser que ces dispositifs vont permettre de réduire les inégalités d’accès à la formation, ce qui était l’objectif principal de plus de la moitié d’entre eux en 2003. Et s’ils sont 42 % à estimer que la réforme contribue à la sécurisation des parcours professionnels, ils ne sont plus que 29 % à juger que celle-ci sera accrue au sein de l’entreprise elle-même… Déconcertant.
Dissonance. À l’inverse, la confiance des salariés vis-à-vis des nouveaux dispositifs de formation augmente… Certes, ils sont encore peu nombreux à avoir fait une demande de DIF : 9 % en 2006 selon l’étude qui table sur un taux de 13 % l’an prochain. Mais même s’ils sont seulement un sur trois à avoir un projet précis, la moitié d’entre eux considèrent que la réforme leur permet d’être plus concernés qu’avant pour ce qui a trait à leur développement professionnel et 82 % pensent que le DIF est une opportunité « très ou assez » intéressante. Motivés, 76 % disent être prêts à se former hors temps de travail, avec pour objectifs principaux d’améliorer leur « employabilité » et de « se professionnaliser ». La moitié déclarent d’ailleurs rechercher des formations qualifiantes ou diplômantes et la majorité a l’intention de cumuler ses heures sur plusieurs années. Le phénomène échapperait-il aux DRH ? Lorsqu’on interroge ces derniers sur ce que les salariés veulent faire de leur DIF, arrivent en tête le souhait d’« acquérir des compétences transversales » (60 %) et de « suivre une formation au développement personnel (22 %) ». Un malentendu qui pourrait se transformer en désaccord voire en désillusion. Alors qu’ils disent ne pas être assez informés et orientés, 41 % des salariés seulement pensent que l’entreprise prendra en compte leurs besoins et souhaits de formation.
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Nathalie Samson
Juin 2007