Le DIF, lentement mais sûrement

Seuls 3 % des salariés ont fait une demande de DIF en 2005, selon une étude de la Cegos. Un chiffre dérisoire dû en grande partie à la méconnaissance de ce nouveau droit. Mais pas seulement. Explications.

Un an après son entrée en vigueur effective, le DIF est encore inconnu de nombre de salariés. Pour preuve, un peu plus d’un tiers d’entre eux (35 %) ont répondu ne pas en connaître le contenu. Paradoxal : 89 % des entreprises ont déclaré avoir communiqué sur le sujet. Comment expliquer un tel écart ? Les partenaires sociaux, pourtant à l’origine de la loi, n’ont pas « joué le relais », soutient Jacques Coquerel, président de la Cegos. Pas plus les pouvoirs publics que les syndicats ou les représentants du personnel n’ont informé les salariés. Et au sein même des entreprises, les moyens de communication mis en œuvre n’ont pas toujours eu l’efficacité souhaitée.

Un manque d’information, mais pas seulement

Des méthodes simples existent pourtant. Exemple : le relevé du nombre d’heures acquises au titre du DIF, meilleur levier d’information pour les auteurs de l’étude. Or, seulement 29 % des salariés l’ont reçu en 2005. Un taux qui tombe à 11 % pour les salariés des entreprises de moins de 50 employés ! Incontestablement, l’entreprise a donc sa part de responsabilité. Mais attention à ne pas lui jeter la pierre trop vite. La méconnaissance de la loi n’est en effet pas la seule raison du faible nombre de demandes de DIF en 2005. L’absence de projet individuel, le choix de capitaliser les droits acquis, mais aussi une certaine crainte, celle d’une mauvaise perception supposée par la hiérarchie, expliquent le peu de demandes enregistrées.

Ce n’est qu’un début

Malgré ce constat peu engageant, la Cegos se montre optimiste quant à l’avenir du DIF. Motif : une fois connu, ce dispositif suscite un réel intérêt de la part des salariés. Ils sont ainsi deux sur trois à penser qu’il va leur apporter plus de possibilités pour évoluer personnellement. Plus d’un tiers d’entre eux (36 %) souhaitent suivre des formations relatives à leur métier actuel, 23 % au développement personnel et 21 % liées à un nouveau métier. Autre preuve de l’engagement net des salariés : ils sont prêts à se former en dehors du temps de travail, ce qui là aussi est dans l’esprit de la loi mais relativement peu dans la pratique des entreprises. Elles ont en effet privilégié les formations pendant le temps de travail. Au total, 87 % des demandes de DIF ont été acceptées. Certes, le faible nombre de ces dernières explique que les directions ont réagi de manière positive. Pour l’heure, seuls 9 % des salariés disent avoir l’intention de demander à en bénéficier en 2006. Mais la grande majorité (66 %) se montrant pour l’instant indécise, la Cegos projette qu’un quart d’entre eux pourraient faire une demande cette année. À suivre.

 

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Hakim Remili

Juin 2006

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