Chômage : l’indemnisation en fin de formation sur la sellette

La proposition du gouvernement de créer une allocation de fin de formation à 652 euros par mois, pour les chômeurs entrant dans une formation excédant leurs droits, fait grincer des dents les syndicats, qui dénoncent une politique de l’emploi au rabais. Décision finale le 12 avril.

Jusqu’à fin 2010, l’AFDEF (Allocation en faveur des demandeurs d’emploi en formation) permettait de continuer à percevoir une allocation équivalente à celle perçue dans le cadre de l’Allocation de retour à l’emploi, lorsque la durée de la formation excédait les droits au chômage. L’AFDEF, qui a bénéficié à 32.000 personnes l’année dernière, offrait la possibilité à des chômeurs indemnisés de s’orienter vers des formations qualifiantes et/ou des métiers en tension (infirmière, assistant de service social…), avec maintien de leur allocation pendant trois ans. En 2010, le coût du dispositif (160 millions d’euros) a été financé par l’État et par les partenaires sociaux, via le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels). Tension au conseil d’administration de Pôle emploi le 23 mars dernier : l’ensemble des syndicats a refusé de voter la proposition du ministère du Travail de faire cofinancer par les partenaires sociaux une nouvelle prestation destinée à remplacer cette allocation pour 2011.

Allocation réduite à 652 euros. Le cabinet de Xavier Bertrand entend en effet substituer à l’AFDEF une allocation de “rémunération de fin de formation” dont le montant – 652 euros par mois – serait aligné sur l’aide déjà existante de Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi non indemnisés entrant dans une formation longue. Une façon de faire des économies qui ne satisfait pas la CFDT : “On nous demande d’acter une proposition qui n’a fait l’objet d’aucune négociation préalable, mais qu’on nous demande de cofinancer. C’est le signe d’un véritable désengagement de l’État dans les politiques d’emploi”, s’indigne Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT en charge des questions d’emploi. Les syndicats craignent en effet que le faible montant de cette nouvelle allocation ne dissuade les chômeurs (en situation de charge familiale notamment) de s’inscrire dans une formation longue, alors que les besoins en reconversion s’intensifient.

Au pied du mur. Dans un communiqué, la CFTC estime “que ce montant forfaitaire de 652 euros par mois n’incitera pas les demandeurs d’emploi à se réorienter sur les métiers en tension, s’exerçant bien souvent dans des conditions difficiles”. Les syndicats membres du conseil d’administration de Pole emploi se retrouvent néanmoins au pied du mur : s’ils ne votent pas cette aide lors de la prochaine délibération de Pole emploi, le 12 avril prochain, il est fort probable “que les demandeurs d’emploi en formation n’obtiennent rien”, conclut la CFTC.

Lydie Colders

Mars 2011

Aller plus loin

Haut de page

Pour se former.fr en 1 clic !

Pour se former.fr en 1 clic !