En 2007, 203 millions d’euros ont été dépensés par l’assurance chômage au titre des aides à la formation, soit la moitié de son enveloppe annuelle. Au total, 87 000 demandeurs d’emploi en ont bénéficié (4 %). Une situation paradoxale à l’heure où les partenaires sociaux viennent d’obtenir la transférabilité du DIF (droit individuel à la formation). Explications.
Selon le bilan annuel de l’Unedic, aucune Assedic n’a consommé son budget, y compris en Ile-de-France ou seulement 44 % des fonds prévus à la formation ont été engagés.
Sur deux millions de chômeurs, seuls 87 000 ont bénéficié d’une aide pour se former l’année dernière. Se désintéressent-ils de la formation, éprouvent-ils des difficultés à décrocher des financements ou sont-ils mal orientés ? Difficile à dire, répond l’Unedic, qui rappelle qu’en attendant la prochaine fusion de l’organisme avec l’ANPE, cette dernière reste pour l’heure seul prescripteur d’une formation.
Peu de choix. Ce qui est certain, c’est que le système en lui-même est cloisonné. L’Assedic ne finance en effet prioritairement que des formations courtes conventionnées répondant à un besoin du marché local défini par les entreprises ou les branches professionnelles dans les métiers en « tension » (41 649 bénéficiaires en 2007) et les actions de formation préalable à l’embauche (AFPE) pour un chômeur en pré-recrutement (30 132 bénéficiaires).
Si la formation ne rentre pas dans l’une de ces catégories, les demandeurs d’emploi doivent piocher dans le catalogue des formations homologuées par l’ANPE (le plus souvent co-financées par les régions), l’Assedic ne finançant que les frais de transport et d’hébergement. Seuls 10 000 demandeurs d’emploi ont bénéficié de cette possibilité. Dommage, car les résultats, même améliorables, sont là : 46,5 % des chômeurs ayant suivi un stage conventionné ont retrouvé un emploi dans les trois mois suivants, contre 41 % pour ceux ayant suivi une formation homologuée.
Lydie Colders
Janvier 2008