La formation tout au long de la vie a-t-elle un sens pour les salariés ? Ont-ils envie de se former ? À quoi et à quelles conditions ? Les réponses grâce au sondage exclusif Ifop pour Génération formation.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon un sondage Ifop réalisé pour Génération formation (1), plus de deux salariés sur trois souhaiterait bénéficier d’une formation (68 %). Principales motivations : développer leurs compétences personnelles (maîtrise d’une langue étrangère, 25 % des réponses), changer d’entreprise ou de secteur d’activité (16 %), progresser en interne (15 %) et avoir un meilleur salaire (13 %). Le hic (et il est de taille), la moitié d’entre eux (55 %) affirme que la principale difficulté rencontrée est le manque d’information sur leurs droits en matière de formation. Tous les dispositifs ne connaissent cependant pas un sort égal. C’est dans l’ordre des choses, les anciennes mesures sont plus connues que les nouvelles issues de la loi du 4 mai 2004 qui peinent à s’installer. Deux salariés sur trois affirment ainsi connaître le bilan de compétences. Suivent le congé individuel de formation (CIF) et la validation des acquis de l’expérience (VAE), représentant respectivement 55 et 54 % des réponses. Plus étonnant, seulement 39 % des salariés affirment connaître le plan de formation. Un résultat à nuancer selon la taille des entreprises puisque le taux chute à 33 % pour les TPE et grimpe à 47 % pour les plus grandes (plus de 250 salariés), mieux structurées pour aider les personnes ayant un désir d'évolution ou de changement professionnel.
Le DIF encore méconnu
Qu’en est-il du dispositif vedette de la loi sur la formation du 4 mai 2004 ? Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’est fait discret. Un an après sa mise en place, moins d’un salarié sur deux seulement le connaît (47 %). Comment en ont-ils entendu parler ? Principalement par l’entreprise (33 %), par la presse (22 %), par des proches (13 %) ou le comité d’entreprise (13 %). Les instances représentatives du personnel* (IRP) censées être l’une des courroies de transmission principales du DIF auprès des salariés ont du pain sur la planche… Ce nouveau droit devrait cependant avoir de beaux jours devant lui. C’est l’une des surprises du sondage : près de deux salariés sur trois se disent en effet prêts à se former en dehors de leur temps de travail.
* Les délégués du personnel et les comités d'entreprise
(1) « Les salariés et la formation professionnelle », sondage Ifop réalisé auprès de 617 salariés du privé pour Génération formation en février 2006.
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Nathalie Samson
Mars 2006