Une enquête européenne * met en évidence un taux d’accès à la formation professionnelle inférieur dans l’Hexagone à celui atteint dans l’Union. Et un niveau d’autonomie dans l’organisation du travail en retard sur celui des pays scandinaves. Mais quatre salariés français sur cinq se déclarent satisfaits de leur travail.
Formation. Seuls 24,4 % des salariés ont bénéficié, en France, d’une action de formation prise en charge par l’employeur au cours des douze derniers mois, ce qui place notre pays au 19e rang parmi les 27 Etats membres de l’Union européenne en matière de taux d’accès à la formation. C’est ce qui ressort de l’enquête menée par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail et qui présente les points de vue des travailleurs sur l’organisation du travail, sa durée, l’égalité des chances, la formation, la santé et le bien-être, et la satisfaction professionnelle. La moyenne européenne s’élève à 30 % et celle des pays d’Europe du Nord dépasse les 50 %. Ce taux est encore plus bas pour les salariés les moins qualifiés, les plus âgés et ceux qui ont les contrats les plus précaires.
Cols blancs qualifiés. L’enquête montre également que la France accuse un retard par rapport aux pays scandinaves. Elle ne compte que 30 % de diplômés de l’enseignement supérieur, comparé à 40 % en Europe du Nord, et moins de 40 % de « cols blancs qualifiés », comparé à plus de 45 %. De plus, les travailleurs en France jouissent de moins d’autonomie que leurs homologues scandinaves dans l’organisation du travail. La Fondation note que la « flexibilité fonctionnelle », caractérisée par la rotation sur les postes et le travail en équipe, y est peu développée. Et que la « flexibilité fonctionnelle avancée », illustrée par le choix du responsable de l’équipe par ses membres, l’est « encore moins ».
Satisfaction. La sécurité de l’emploi, les relations amicales avec les collègues et le sentiment d’appartenance à l’entreprise conduisent cependant plus de 80 % des Français - et des Européens en général - à se déclarer satisfaits de leurs conditions de travail. La même proportion estime bien concilier vie professionnelle et vie personnelle. Point noir : une minorité de répondants, plus importante en France qu’ailleurs, dénonce des violences physiques (10 %) et le harcèlement moral (7,7 %) vécus dans les entreprises. De plus, alors que ces risques sont bien connus et peuvent être en partie prévenus, les gestes répétitifs, générateurs de troubles musculo-squelettiques, toucheraient plus de 60 % des salariés interrogés en France. Enfin, plus d’un salarié sur deux dénonce des positions douloureuses ou fatigantes…
* Quatrième enquête européenne sur les conditions de travail réalisée fin 2005 par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail. Quelque 30 000 salariés des 27 pays membres de l’Union européenne, de Suisse, Norvège, Turquie et Croatie ont été interrogés.
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Martine Rossard
Août 2007