Qu’est-ce qu’un nouveau diplôme apporte à la carrière d’un cadre ? Le point de vue d’Yves Couillard, vice-président du cabinet de recrutement Mercuri Urval.
Comment un cabinet comme le vôtre juge-t-il le fait qu'un candidat ait suivi une formation diplômante en cours de carrière?
C’est un facteur que nous prenons en considération. S’il ne retourne pas sur les bancs de l’école, un cadre risque, passé la quarantaine, de plafonner dans sa carrière. Aujourd’hui, pour entretenir son employabilité, suivre une formation longue est nécessaire. Pour certaines fonctions techniques, c’est même indispensable. Je pense par exemple au secteur des achats où, si le candidat n’a pas un troisième cycle, il lui sera difficile d’intéresser une société, sauf s’il a un parcours exceptionnel.
Avez-vous la même analyse pour les formations générales de type MBA?
Faire un MBA est effectivement un plus. À condition de pouvoir, comme pour une formation plus ciblée, expliquer les raisons qui ont conduit à faire ce choix et montrer en quoi il y a une logique dans son parcours. Car toute formation ne peut être valorisée que si elle s’inscrit dans une logique d’évolution professionnelle bien réfléchie. Par ailleurs, le diplôme ne fait pas tout. C’est un élément supplémentaire que nous prenons en considération pour étudier une candidature, mais nous regardons également la formation initiale du candidat, son parcours antérieur, sa personnalité…
Une formation diplômante apporte-t-elle ce "plus" tout au long de sa carrière?
Plus on s’éloigne de l’année de remise du diplôme, moins elle joue un rôle. En moyenne, ce type de programme doit commencer à porter ses fruits dans les trois ans, mais si dans les cinq ans le candidat n’a pas réussi à la valoriser, c’est pour nous le signe qu’il y a un problème.
Laurence Estival
Avril 2007