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« Un diplôme à lui seul n’est pas un accélérateur de carrière »

Afficher un troisième cycle peut se révéler payant à condition qu’il soit cohérent au regard de son expérience. Les explications avec Nathalie Évrard-Steinberg, consultante chez Mercuri Urval.

Globalement, j’ai un avis plutôt favorable sur l’apport d’un troisième cycle en formation continue : cette démarche témoigne d’un certain courage et d’une volonté de s’ouvrir sur le plan intellectuel, de se distinguer et d’évoluer dans sa carrière. Toutefois, un diplôme de troisième cycle à lui seul n’est pas un accélérateur de carrière. Pour bien le valoriser, cette formation doit être cohérente au regard de son parcours professionnel et de son expérience : à la lecture du CV, on doit voir clairement un fil conducteur dans cette démarche, qu’il s’agisse de se professionnaliser ou d’évoluer.

Un atout pour se professionnaliser. Un diplôme de troisième cycle peut être utile pour se professionnaliser dans sa fonction. Si un spécialiste des achats entame un master professionnel ou un mastère spécialisé dans ce même domaine dans l’objectif d’acquérir de nouvelles méthodes de travail, une autre approche du marché ou de nouvelles idées, là oui, un troisième cycle apportera une réelle plus-value dans une candidature ! À condition à mon avis que la formation soit en lien direct avec l’ancienne fonction occupée : autant un troisième cycle en achats sera un plus pour un professionnel de ce domaine, autant s’il vient du secteur des approvisionnements – qui est un métier différent – et se forme aux achats, je serais déjà plus nuancée sur la progression que lui offrira son nouveau diplôme.

Évoluer vers le management. Si le souhait du candidat est d’évoluer vers des responsabilités plus importantes en management (de type direction générale), le MBA reste le label de référence, à condition de choisir un programme de bonne notoriété. Car l’offre en matière de troisième cycle est telle qu’il est parfois difficile pour un recruteur d’évaluer exactement la valeur d’un titre ou d’un diplôme. Mieux vaut donc opter pour un programme dans une école reconnue. Là aussi, l’expérience antérieure comptera : les responsabilités acquises, les résultats obtenus au cours de la carrière du candidat compteront dans l’entretien.

Se reconvertir. Dans le cas d’une reconversion, un troisième cycle seul n’apportera pas à mon avis la crédibilité nécessaire pour amorcer le virage. Car, ce qui rassure un futur employeur, c’est avant tout les capacités à savoir faire, pas celles d’apprendre. Dans ce cas, mieux vaut s’appuyer sur les réseaux d’anciens stagiaires et de professionnels rencontrés pendant sa formation pour trouver un nouveau poste, plutôt que répondre à des offres d’emploi pour lesquelles la dimension opérationnelle du candidat est un critère clé.

En entretien, il faut faire sentir au recruteur que ce nouveau diplôme n’est pas un moyen de s’essayer à autre chose, mais qu’il confirme bien un réel projet d’évolution. Par ailleurs, la personnalité du candidat, sa capacité à « vendre » et à communiquer sur les apports de sa formation sont des éléments essentiels pour se distinguer. Au-delà des acquis théoriques et pratiques, la richesse du stage réalisé dans le cadre d’un troisième cycle est importante. Je suis par exemple sensible à des candidats qui auront trouvé leur stage par leurs propres moyens, qui sauront démontrer en entretien qu’ils ont mené des missions à responsabilités, apporté de nouvelles idées, pris des initiatives et contribuer ainsi à créer de la valeur dans l’entreprise.

Lydie Colders

Mars 2006

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