Incontournable pour les postulants au MBA, le passage du GMAT (General Management Admission Test) nécessite une solide préparation. Utile pour ne pas se fermer les portes des établissements les plus cotés.
C’est en décidant de suivre un MBA que Tanguy Dufour, responsable des ventes internationales chez un éditeur de logiciels, décide de s’atteler à la préparation du GMAT, partie intégrante du processus d’admission. Première étape : évaluer son niveau en passant un examen blanc. Pendant quatre heures, il s’applique à répondre aux multiples questions posées sous forme de QCM. Une première partie vise à mesurer les compétences quantitatives du candidat : exercices d’algèbre, de géométrie… Une deuxième partie, plus traditionnelle, cherche à évaluer ses connaissances en anglais, la logique de son raisonnement et son aptitude à la synthèse. Une troisième partie, enfin, permet de vérifier si le candidat est capable de rédiger en anglais. « Cette épreuve a été ajoutée pour s’assurer que le candidat possède une certaine aisance, ses connaissances ne devant pas se limiter à l’application de règles de grammaire ou la résolution d’exercices d’algèbre. Car des établissements ont eu la surprise de découvrir que certains étudiants ayant eu une très bonne note au GMAT étaient incapables de suivre des cours en anglais, une fois sélectionnés », explique Matt Symonds, auteur de Getting the MBA, Admissions Edge, un ouvrage qui décrypte notamment les différents tests.
Si l’amélioration de son aisance en anglais est un processus de longue haleine, une préparation systématique aux deux autres parties du test permet dans bien des cas d’améliorer ses performances. Tanguy en a d’ailleurs fait l’expérience : à l’issue de son premier test blanc, il obtient 550 points sur 800. « J’étais certes dans la moyenne mais avec ce score, les meilleurs établissements m’étaient fermés », analyse-t-il. Les écoles publient en effet chaque année la moyenne des résultats obtenus par les sélectionnés. Ne pas être dans la fourchette réduit ses chances. Tanguy décide donc de s’inscrire chez Kaplan, un organisme spécialisé dans la préparation des tests d’anglais, où il suit un stage pendant quatre samedis.
Maîtriser son temps
« On apprend à déjouer les pièges. Par exemple, dans l’un des exercices on nous demande de rectifier des phrases où se trouvent des fautes. Celles-ci ne sont pas évidentes à repérer, mais ce sont des fautes types. Les avoir déjà vues permet de les reconnaître plus rapidement le jour de l’examen ». Ne se jugeant pas encore suffisamment prêt, Tanguy souscrit dans la foulée un abonnement en ligne pour continuer sa préparation et s’entraîner. Résultat : le jour J, il obtient son meilleur score, soit 720 points… Il attend aujourd’hui avec espoir la réponse des établissements convoités. Entre temps, il aura dépensé quelque 1 500 euros… Pour Christian Kuhn, le processus n’a pas été aussi rectiligne. « Je ne voulais pas suivre des cours car je trouve que cela augmente la facture déjà élevée d’un MBA. » Se préparant seul, il a toutefois du déboursé 300 euros pour acheter des livres recensant les principales fautes commises et apportant des conseils pour les éviter. Les CD, comprenant des exercices, permettant de s’entraîner Si son score s’améliore, passant de 520 à 680 après deux mois de préparation intensive, il n’obtient que 590 points le jour de l’examen… « Je n’ai pas bien maîtrisé mon temps », analyse-t-il. Matt Symonds conseille d’ailleurs aux candidats inquiets de faire un gros effort de concentration sur les premières questions, les suivantes étant déterminées par rapport à ces premières réponses. « Bien réussir au début permet de faire rapidement monter son score. Echouer vous fait à l’inverse descendre tout aussi rapidement. » Reste que ce résultat en demi-teinte n’a pas empêché Christian de rejoindre Bocconi, l’université milanaise placée en tête de ses choix. Car le GMAT n’intervient que pour 13 % dans le processus de sélection. « Son poids est plus important pour les plus jeunes qui n’ont pas beaucoup d’expérience professionnelle que pour les plus âgés qui peuvent davantage mettre en avant leurs réalisations », ajoute Christian. Dont acte…
Laurence Estival
Avril 2007