Faire une étude de marché grandeur nature, découvrir de nouvelles institutions ou rencontrer des diplômés pour aborder avec eux des questions concrètes. Telles étaient les motivations des visiteurs de ce salon des MBA.
Le succès était au rendez-vous, ce samedi 14 octobre : 1 320 personnes sont venus à la rencontre des business schools, dans le cadre du World MBA Tour qui faisait escale à Paris. Une fréquentation de 11 % supérieure à celle de l’année dernière. « Le marché redémarre. Les recruteurs reviennent sur les campus, incitant les cadres à passer à l’acte », souligne Matt Symonds, organisateur de la manifestation. Et ce ne sont pas les participants qui le démentiront. Difficile en effet de croiser dans les travées des individus n’ayant pas déjà décidé de faire un MBA. « Il y a de moins en moins de visiteurs qui viennent en touriste », reconnaît Jean-François Chanlat, directeur de l’Executive MBA de Dauphine. A l’image d’Anne-Julie*, 28 ans, ingénieur télécom. Sa décision est prise : elle fera un MBA à plein temps (full time). Seule question en suspens : dans quel établissement ? « En venant au salon, je souhaite rencontrer les écoles avec lesquelles j’ai déjà eu des contacts par mail ou téléphone. C’est une façon d’aller plus loin et de valider mon projet. »
Short list. Aller plus loin, c’est aussi le but de Pierre, autre ingénieur tenté par un MBA aux Etats-Unis. En parcourant les stands, il entend également vérifier qu’il n’a pas oublié, avant de postuler, d’inscrire dans sa « short list » des établissements dont il ne soupçonnait pas l’existence. Un rapide tour de piste l’a convaincu du bien fondé de ses choix. Trois institutions prestigieuses : Harvard, le MIT, Wharton ont retenu son attention. Et ce, malgré la présence renforcée des universités chinoises : six au total - si on compte les établissements de Hong-Kong - contre trois l’année précédente. De nouveaux venus sur ce salon qui suscitent de la curiosité même si la plupart des candidats intéressés hésitent à franchir le pas. « C’est très difficile de savoir ce que ces MBA valent vraiment sur le marché du travail si on veut, par exemple, revenir en Europe par la suite », résume Emmanuel. Sylvain, un ingénieur qui envisage de réorienter sa carrière vers l’Asie, n’a pas ce type d’interrogation : il est sur le point de se laisser séduire. Et sa rencontre avec les responsables de deux établissements n’a fait que confirmer le bien fondé de sa démarche.
Du concret. Autre intérêt de cette manifestation : donner aux candidats potentiels la possibilité de rencontrer des cadres en cours de formation ou des anciens qui viennent porter mains fortes aux écoles pour assurer leur promotion. « On peut poser des questions concrètes : comment s’organiser pour mener de front reprise d’un MBA et poursuite d’une activité professionnelle, quelle est la charge de travail », souligne Nathalie, qui recherche aujourd’hui le meilleur MBA pour lui permettre d’assurer sa reconversion du secteur public vers le privé.
Les anciens. C’est un fait, l’attractivité des stands se mesure désormais à l’aune du nombre d’anciens étudiants présents. Reste que les écoles étrangères éprouvent des difficultés à rassembler des diplômés. D’où la frustration de certains aspirants… Surtout quand les institutions dépêchent des diplômés qui ont certes suivi un cursus dans l’établissement mais pas un MBA. Encore plus désopilant : se retrouver face à un stand vide où le représentant du MBA en question, lassé d’attendre les candidats, a quitté son poste, laissant seulement brochures et cartes de visite… « La demande d’accompagnement des candidats nous a d’ailleurs incité à proposer à ceux qui voudraient aller plus loin de rencontrer des responsables d’admission en face à face pour des entretiens approfondis », indique Matt Symonds, donnant rendez-vous aux intéressés le 25 janvier prochain. Une façon aussi de battre le fer tant qu’il est chaud…
* Les personnes dont le patronyme n’est pas mentionné ont souhaité garder l’anonymat.
Laurence Estival
Octobre 2006