L’analyse de Sophie Simonpoli, déléguée nationale CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres)
Encore aujourd’hui, une part importante des cadres avancent à la force du poignet après être entrés dans le monde du travail par la petite porte, sans diplôme initial ou avec un diplôme qui ne correspond pas aux responsabilités exercées. Ils se disent que leur expérience ne suffit pas, puisqu’elle n’a de sens que dans l’entreprise où ils travaillent. La reconnaissance que représente un niveau d’études certifié reste plus que jamais marquée, dans l’inconscient collectif, par l’idée que l’Éducation nationale et l’université sont des références en la matière, et cela, malgré les nombreuses critiques émises à leur égard.
Un effort récompensé. C’est souvent la crainte du chômage, d’une mobilité obligatoire, ou bien l’envie d’évoluer vers autre chose qui les incitent à entreprendre une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE), outil de promotion sociale. C’est la preuve par un tiers extérieur de leur capacité ou de leurs compétences. Si les cadres ont un diplôme en adéquation avec leur niveau de poste, ils se trouvent mieux armés pour négocier dans un monde du travail incertain et rebondir professionnellement.
Certains protestent parce que le parcours est complexe, mais on ne doit pas brader les diplômes. La rigueur nécessaire pour l’obtention de la certification donne toute sa valeur à la VAE. Ce sont les efforts à fournir qui valorisent la démarche. Et quand on voit les dossiers de VAE montés par les cadres, on se dit que la validation obtenue est bien méritée !
Une logique de projet. La démarche semble adaptée aux cadres parce que l’autonomie acquise par l’expérience leur permet de la mener individuellement et de naviguer facilement. En général, ils n’ont aucun problème pour trouver l’information ou pour aller à la rencontre du bon interlocuteur. Le bilan de compétences aidera le cadre à choisir le diplôme le plus approprié à son profil, sans se survaloriser ou se dévaloriser. Il permet de poser ses valises et de mieux cerner qui l’on est afin de se positionner. Mieux, il offre l’opportunité d’un accompagnement pour ficeler au mieux son projet. Car la démarche de VAE est une étape dans un projet plus global, à moyen ou à long terme. Elle ouvre vers d’autres perspectives.
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Propos recueillis par Yves Deloison
Avril 2007