Parce que l’on ne sait pas par où commencer, se lancer dans une démarche de validation des acquis peut vite devenir un véritable casse-tête. Quel que soit l’organisme, la marche à suivre comporte pourtant peu ou prou les mêmes étapes. Revue de détail.
Première étape : l’accueil et l’information
La plupart des organismes valideurs proposent régulièrement des réunions pour présenter leur dispositif et leur offre de certifications. Dans les DAVA, ces réunions font même office de porte d’entrée obligatoire dans le dispositif.
Deuxième étape : le dossier de recevabilité
A l’issue de cette première prise de contact, vous devez parfois remplir un dossier détaillé sur les formations que vous avez suivies et sur votre parcours professionnel. Objectif de ce « super CV » : évaluer vos chances de réussite et vous éviter, le cas échéant, de dépenser beaucoup d’énergie pour un piètre résultat.
Troisième étape : l’accompagnement
En cas de feu vert, vous pouvez demander à bénéficier d’une aide pour la constitution de votre dossier. Cette prestation payante et facultative peut être réalisée par l’organisme valideur ou par un prestataire extérieur. Suivant les cas, vous rencontrez un conseiller VAE ou un binôme constitué d’un généraliste et d’un enseignant expert du domaine concerné. Face à l’afflux des candidatures, de plus en plus d’organismes valideurs mettent également en place des ateliers méthodologiques.
Quatrième étape : la réalisation du dossier
Pour la réalisation du dossier proprement dite, vous êtes seul face à vous-même. Vous devez passer au peigne fin les différents emplois que vous avez occupés au cours de votre carrière et détailler les activités les plus significatives au regard du référentiel du diplôme visé. Un questionnaire remis par l’organisme valideur vous sert de fil rouge. Si la forme diverge d’un organisme à l’autre, les questions sont souvent les mêmes. On vous demande notamment de préciser votre place dans l’organigramme, les outils dont vous vous servez, la façon dont vous gérez les dysfonctionnements, les évolutions de votre métier… Plus on grimpe dans l’échelle des diplômes, plus l’analyse s’affine. « Pour tous les diplômes du supérieur, il faut pouvoir organiser sa pensée et la formuler par écrit, confronter son expérience à des écrits, regarder ce qui se pratique en matière de recherche. Autrement dit, être capable de lever le nez du guidon », résume Michel Blachère, responsable du service de validation de Paris 5. En cas de difficulté, vous avez souvent la possibilité de demander conseil, par téléphone, e-mail ou de visu, à un conseiller VAE ou à un enseignant référent.
Vous devez joindre à votre dossier le maximum de pièces justificatives : diplômes, attestations d’employeurs, certificats de stages, comptes rendus d’entretiens annuels…
Décrire ses missions
Si vous cherchez à obtenir un diplôme dans l’enseignement supérieur, vous devrez par exemple décrire vos différentes missions en utilisant pour chacune d’elles un tableau à trois colonnes. Dans la première, vous indiquerez les différentes tâches exercées, dans la seconde le pourcentage de temps que vous consacrez à chacune des tâches et dans la troisième vous évaluerez le niveau d’exercice de chacune des activités en fonction de critères préétablis.
Cinquième étape : le passage devant le jury d’octroi
Après avoir déposé votre dossier, vous êtes convoqué pour défendre votre cas devant un jury constitué, selon les termes de la loi, d’enseignants et de professionnels – cette étape est obligatoire pour la VAE, facultative pour la VAP 85. Il ne s’agit pas d’un oral d’examen, on ne vous interroge pas sur vos connaissances académiques mais sur la pratique de votre métier. Le but de la manœuvre est surtout de vérifier l’exactitude des informations contenues dans le dossier et de déceler d’éventuelles tentatives de tricherie.
Sixième étape : la notification de la décision
Après les délibérations d’usage, vous êtes informé de la décision du jury, soit immédiatement, soit quelques jours plus tard. Pour la VAE, si vous avez la chance d’obtenir une validation totale, le diplôme vous est délivré dans la foulée. S’il s’agit d’une validation partielle, vous disposez de cinq ans pour obtenir les modules manquants. Pour les diplômes de l’enseignement secondaire, vous devez impérativement suivre des formations et passer des examens. Pour les diplômes de l’enseignement supérieur, le jury peut vous prescrire des solutions plus originales : exercer une nouvelle activité professionnelle, rédiger un mémoire, rencontrer d’anciens diplômés…
Le cas des titres professionnels du ministère du Travail
Vous constituez d'abord un dossier administratif où vous indiquez les activités que vous avez exercées et votre niveau de formation.
Puis vous rencontrez une personne ressources (un formateur ou un psychologue) qui vous aide à vous positionner sur le nombre de CCP (certificats de compétences professionnelles) – unités qui constituent les titres professionnels – que vous pouvez demander. Elle favorise par ailleurs votre préparation.
Vient ensuite l'évaluation in situ. Le jour J, un binôme de deux professionnels vient vous observer dans votre entreprise en situation réelle de travail. Quand, pour une raison ou une autre, la démonstration ne peut pas avoir lieu en situation réelle, un plateau technique est reconstitué dans un centre de formation. Pour les métiers où une mise en situation n'est pas pertinente, la validation s'effectue grâce à des apports de preuves (réalisations ou dossiers).
En cas d'échec sur un CCP, l'organisme certificateur vous préconise des passages par l'emploi et/ou vous propose un complément de formation.
En toute fin de parcours, lorsque vous avez engrangé tous vos CCP, vous passez devant un jury de professionnels qui vous questionnent sur votre métier, vos représentations, votre capacité à vous adapter à différents contextes… Loin de s'apparenter à un oral d'examen – les refus sont rarissimes – cet entretien fait plutôt office de rituel de passage permettant d'être reconnu par ses pairs.
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Olivier Zeller
Avril 2004